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Généraliste

Le spectre d’une nouvelle guerre entre les rebelles du Tigré et l’armée de l’Éthiopie ressurgit

Le Devoir · mis à jour 23 sept.

Les insurgés ont pris le contrôle des trois aéroports de Mekele et affrontent l’armée fédérale dans l’État de l’Afar..

Contexte politique

L’Éthiopie est actuellement confrontée à une résurgence des tensions entre le gouvernement fédéral dirigé par le premier ministre Abiy Ahmed et le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), un groupe politique qui a longtemps dominé la vie politique éthiopienne. Le TPLF, qui dirige de fait la région du Tigré, a été marginalisé par Abiy Ahmed après son arrivée au pouvoir en 2018. Depuis 2025, le TPLF n’est plus autorisé à participer à la vie politique nationale, et le gouvernement l’accuse de gouverner illégalement le Tigré. Ces tensions ont déjà conduit à une guerre extrêmement meurtrière entre 2020 et 2022, faisant au moins 600 000 morts et déplaçant plus d’un million de personnes dans une région de six millions d’habitants. Un accord de paix signé à Pretoria en 2022 avait permis une trêve, mais celle-ci semble désormais rompue.

Alliance des rebelles

Plusieurs groupes armés opposés au gouvernement fédéral éthiopien, dont le TPLF, les milices Fano (Amhara) et l’Armée de libération oromo (OLA), ont annoncé dimanche une alliance sous le nom de Coalition pour la Survie. Leur objectif affiché est de « renverser » l’exécutif d’Addis Abeba. Cette coalition a déclaré qu’elle répliquerait par des « contre-offensives à grande échelle » face à des attaques fédérales, bien que ces affirmations n’aient pas pu être vérifiées par des sources indépendantes. L’ONG Acled, spécialisée dans l’analyse des conflits, confirme que les forces du TPLF ont pris le contrôle des trois aéroports de la capitale régionale du Tigré, Mekele, ainsi que ceux d’Axoum et de Shire. Des combats sont également signalés dans les régions frontalières de l’Amhara et de l’Afar.

Affrontements militaires

Les forces tigréennes (TDF, Tigray Defence Forces) affrontent désormais l’armée fédérale éthiopienne dans plusieurs zones. Selon des sources sécuritaires, la ville d’Abala, située près de la frontière avec le Tigré, serait sous contrôle des TDF. Des combats sont également en cours près d’Erebti, plus profondément en territoire afar, à environ 100 kilomètres d’Abala. Le vice-président du TPLF, Amanuel Assefa, a affirmé que les forces tigréennes avaient reçu l’ordre de se défendre contre des attaques venues du sud et de l’est du Tigré, tout en accusant les milices Fano de combattre aux côtés de l’armée fédérale en Amhara. Ces déclarations n’ont pas été vérifiées par l’AFP. La compagnie aérienne nationale Ethiopian Airlines a suspendu ses vols vers Mekele, Axoum et Shire en raison de la situation, illustrant l’impact des combats sur les infrastructures locales.

Ce que ça pourrait changer

L’**Union africaine**, qui avait parrainé l’accord de paix de Pretoria en 2022, a appelé à la « plus grande retenue et à la désescalade immédiate » dans le nord de l’Éthiopie. Le spécialiste **Kjetil Tronvoll** a estimé que le TPLF avait « franchi le Rubicon », c’est-à-dire pris une décision irréversible, et qu’aucun signe de désescalade n’était visible. L’ONG Acled craint que d’autres membres de la Coalition pour la Survie ne lancent des offensives dans leurs zones respectives, ce qui pourrait affaiblir davantage l’armée fédérale, déjà sous pression. Le gouvernement éthiopien accuse le TPLF de s’être rapproché de l’**Érythrée**, un pays voisin avec lequel les relations sont historiquement tendues depuis son indépendance en 1993. L’Érythrée avait soutenu l’Éthiopie contre le TPLF entre 2020 et 2022, mais les relations entre les deux dirigeants se sont depuis dégradées.

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