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GÉNÉRALISTE

Le spectre d’une nouvelle guerre entre les rebelles du Tigré et l’armée de l’Éthiopie ressurgit

Source unique·23 sept.

La reprise des hostilités entre les forces du Tigré et l’armée fédérale éthiopienne, marquée par la prise de contrôle des aéroports régionaux et des combats dans l’Afar, révèle l’échec des mécanismes de pacification et la radicalisation des tensions. Cette escalade, soutenue par une coalition d’opposition élargie, interroge la capacité de l’État éthiopien à maintenir son unité territoriale face à des dynamiques centrifuges persistantes.

Quels événements récents ont précipité l’escalade entre le Tigré et le gouvernement fédéral ?

Les forces tigréennes ont pris le contrôle des trois aéroports de Mekele, Axoum et Shire, tandis que des combats se poursuivent dans l’Afar et l’Amhara. Ces actions s’inscrivent dans un contexte de tensions accrues depuis 2025, où le TPLF est interdit en Éthiopie et accusé de gouverner illégalement le Tigré. Une coalition regroupant sept groupes armés, dont le TPLF, a annoncé une alliance pour « renverser » le gouvernement d’Abiy Ahmed, aggravant la crise.

Quels acteurs clés sont impliqués dans ce conflit et quelles sont leurs motivations ?

Le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), marginalisé après des décennies de domination politique, affronte l’armée fédérale éthiopienne dirigée par le Premier ministre Abiy Ahmed. D’autres groupes armés comme les milices Fano (Amhara) et l’Armée de libération oromo (OLA) ont rejoint une coalition contre le gouvernement. L’Érythrée, voisine, est évoquée comme un acteur indirect, ayant soutenu Addis Abeba lors du précédent conflit (2020-2022) mais dont les relations avec Abiy Ahmed se sont dégradées depuis.

Quels éléments restent flous ou non vérifiés dans cette escalade ?

Les affirmations du TPLF selon lesquelles les milices Fano combattraient aux côtés de l’armée fédérale en Amhara n’ont pas été confirmées par des sources indépendantes. De même, l’ampleur exacte des frappes de drones éthiopiens contre les forces tigréennes depuis août 2026, évoquées par le gouvernement, n’a pas été détaillée. Enfin, le rôle précis de l’Érythrée dans le soutien logistique ou militaire actuel reste incertain.

Pourquoi cette reprise des combats est-elle considérée comme un tournant majeur ?

La prise des aéroports régionaux par le TPLF et la formation d’une coalition hétéroclite visant à renverser le gouvernement fédéral marquent une rupture avec l’accord de Pretoria (2022), qui avait mis fin à deux ans de guerre meurtrière. Les experts, comme Kjetil Tronvoll, estiment que le TPLF a « franchi le Rubicon », rendant toute désescalade improbable sans intervention extérieure. L’Union africaine a appelé à la retenue, craignant une généralisation des insurrections à travers l’Éthiopie.

Ce que ça pourrait changer

Cette escalade pourrait plonger l’Éthiopie dans un nouveau cycle de violences, affaiblissant davantage un État déjà fragilisé par des décennies de conflits ethno-régionaux. La multiplication des fronts (Tigré, Amhara, Oromia) risque de paralyser l’armée fédérale, déjà sous pression, et de compromettre la stabilité régionale, notamment pour les pays voisins comme l’Érythrée ou le Soudan. À plus long terme, l’absence de solution politique pourrait accélérer la fragmentation du pays, avec des conséquences humanitaires et économiques désastreuses pour une région déjà dévastée par des décennies de guerre.

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