NapseflowNapseflow
Sciences

On la croyait limitée aux crèches et aux voyages, cette bactérie se transmet désormais par le sexe et devient presque intraitable

Science & Vie · mis à jour il y a 10 h

Une banale bactérie de la diarrhée, autrefois attrapée en voyage ou à la crèche, change de visage. Elle se transmet de plus en plus par le sexe, et résiste désormais à presque tous les antibiotiques.

Une bactérie en mutation

La bactérie Shigella, responsable de la shigellose, était autrefois principalement associée à des diarrhées contractées lors de voyages ou dans les crèches. Cependant, depuis quelques années, elle a évolué et se transmet désormais de plus en plus par voie sexuelle, notamment chez les hommes adultes. Cette mutation du mode de transmission s’accompagne d’un autre défi majeur : l’émergence de souches quasi intraitables aux antibiotiques. Aux États-Unis, les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) ont observé une augmentation spectaculaire des cas résistants, passant de 0 % en 2011 à 8,5 % en 2023. Cette progression rapide transforme une infection autrefois banale en un problème de santé publique préoccupant.

Symptômes et transmission

La shigellose se manifeste par des symptômes typiques d’une infection intestinale : diarrhées parfois sanglantes, crampes abdominales et vomissements. Historiquement, cette maladie se transmettait principalement par l’ingestion d’eau ou d’aliments contaminés, notamment lors de voyages dans des pays où les normes d’hygiène sont moins strictes. Cependant, depuis les années 1970, une nouvelle voie de transmission a pris de l’ampleur : la transmission sexuelle. Cette dernière est désormais dominante dans certaines communautés d’hommes adultes. Aux États-Unis, environ 450 000 personnes contractent la shigellose chaque année, et cette infection sexuellement transmissible (IST) devient un casse-tête pour les médecins en raison de sa résistance croissante aux traitements.

Résistance aux antibiotiques

La résistance aux antibiotiques est un phénomène inquiétant qui touche désormais la Shigella. Aux États-Unis, entre 2011 et 2023, la proportion de souches résistantes à presque tous les antibiotiques, appelées XDR (pour eXtensively Drug-Resistant), est passée de 0 % à 8,5 %. Au Royaume-Uni, en 2025, 86 % des échantillons de Shigella sonnei et 94 % de Shigella flexneri étaient résistants aux antibiotiques. Cette résistance s’explique en partie par l’usage d’antibiotiques pour traiter d’autres infections, un phénomène appelé résistance collatérale. Les bactéries Shigella survivent alors à ces traitements, ce qui leur permet de se propager plus facilement. Les chercheurs soulignent que cette évolution rend la shigellose presque intraitable avec les médicaments actuels.

Diagnostic et prévention

Face à cette nouvelle donne, les experts appellent à repenser le diagnostic et la prise en charge de la shigellose. Les médecins sont désormais encouragés à interroger les patients atteints de diarrhées sur une éventuelle transmission sexuelle, surtout si les symptômes apparaissent après un rapport intime. Aux États-Unis, plus d’un tiers des malades porteurs de souches résistantes (XDR) ont été hospitalisés, et près de la moitié de ceux dont le statut était connu vivaient avec le VIH. Pour limiter la propagation, des mesures de prévention sont proposées, comme éviter les rapports sexuels après un épisode de diarrhée ou se laver avant et après. En Californie, les autorités sanitaires recommandent également d’éviter les rapports après un épisode récent de diarrhée. Une autre piste consiste à mieux cibler les traitements antibiotiques pour éviter de favoriser la résistance.

Ce que ça pourrait changer

La shigellose sexuellement transmissible représente un défi majeur pour les systèmes de santé, notamment en raison de sa résistance aux antibiotiques et de sa transmission par voie sexuelle. Les chercheurs et les autorités sanitaires tentent de trouver des solutions pour freiner cette propagation. Une étude publiée dans *The Lancet Infectious Diseases* montre que la maladie est passée « de relativement soignable avec des médicaments courants à presque intraitable ». Les spécialistes britanniques et américains insistent sur l’importance d’adapter les diagnostics et les traitements, ainsi que de sensibiliser les populations à risque. Sans action rapide, cette bactérie pourrait devenir incurable, posant un problème de santé publique mondial.

Sujets complémentaires

Ce contenu a été généré par intelligence artificielle à partir de l'article source. Il peut contenir des erreurs ou imprécisions.