Offensive MAGA contre l’Europe : les États-Unis lancent un programme de financement d’organisations alignées
Il s’agit de la première fois depuis 2025 que l’administration Trump cherche à faire porter son agenda idéologique en Europe via un soutien financier direct. L’article Offensive MAGA contre l’Europe : les États-Unis lancent un programme de financement d’organisations alignées est apparu en premier sur Le Grand Continent..
Le 13 juillet 2026, le Bureau de la démocratie, des droits de l’homme et du travail (DRL) du département d’État américain a lancé un appel à projets intitulé « Développer les liens entre les civilisations, la résilience démocratique et l’État de droit en Europe ». Ce programme vise à financer des organisations européennes (ONG, think tanks, universités, individus) avec des subventions pouvant atteindre 3 millions de dollars par projet. Le budget total alloué est de près de 5 millions de dollars, pour 2 à 3 projets sélectionnés. Les candidatures sont ouvertes jusqu’au 12 août 2026. Ce programme marque un changement par rapport à la période 2021-2025, où le DRL soutenait principalement des acteurs luttant contre les régimes autoritaires. Désormais, il devient un outil de financement pour des acteurs alignés sur l’agenda idéologique de l’administration Trump, selon l’experte Maya Kandel.
Ce programme s’inscrit dans une stratégie plus large de l’administration Trump, revenue à la Maison-Blanche en 2025. Le DRL a été réorganisé sous la supervision de Samuel Samson et utilisé pour rechercher des preuves de « censure » en Europe, sans succès. Il est désormais dirigé vers des acteurs européens partageant les priorités de Trump, notamment en matière de démocratie et de droits humains. Maya Kandel souligne que ce bureau devient « l’instrument et le bailleur de fonds d’acteurs de la société civile mobilisés contre leurs propres institutions ». Par exemple, en décembre 2025, Sarah B. Rogers, sous-secrétaire d’État chargée de la diplomatie publique, avait annoncé un financement de 500 000 dollars pour « promouvoir la liberté numérique », ciblant des centres de réflexion alignés sur les priorités de Trump.
Plusieurs organisations et personnalités européennes sont citées comme candidates potentielles à ces subventions. Le Prosperity Institute, un think tank britannique proche de l’agenda Trump, avait déjà invité Sarah B. Rogers à un événement en décembre 2025. En France, Nicolas Conquer, ancien membre de Reconquête et soutien de Trump, a lancé en 2026 Western Arc, un « do-tank » inspiré du mouvement MAGA américain. Maya Kandel compare ce modèle à l’écosystème bâti par le Premier ministre hongrois Viktor Orbán à Bruxelles et Budapest, avec des organisations comme le Danube Institute ou le Mathias Corvinus Collegium. Ces acteurs sont perçus comme des relais idéologiques de la stratégie américaine en Europe.
La chancelière allemande Friedrich Merz a critiqué ce programme, le qualifiant d’ingérence américaine dans les élections allemandes. En 2025, Elon Musk avait déjà soutenu publiquement l’extrême droite allemande (Alternative für Deutschland, AfD) et française (Rassemblement National, RN), déclarant en juillet 2026 que Marine Le Pen était « le dernier espoir de la France ». Un sondage Eurobazooka de janvier 2026 révèle que 35 % des électeurs du RN et de Fratelli d’Italia (parti de Giorgia Meloni) estiment que Trump fragilise l’Occident. Ces réactions montrent une division au sein de l’extrême droite européenne sur l’impact de Trump.
Selon Maya Kandel, ce programme de financement s’accompagne d’une autre initiative : une réunion organisée par Marco Rubio le 16 juillet 2026 à Washington, intitulée *« terrorisme global d’extrême gauche »*. L’Europe y est qualifiée d*« incubateur de menaces terroristes »*. Plus de 60 pays, dont la plupart des États européens, y ont participé. Kandel analyse ces deux volets comme une *« entreprise de vassalisation idéologique »*, où la société civile et les États européens sont ciblés pour identifier des relais prêts à se financer sur le budget de l’offensive *MAGA* contre l’Europe. Le vocabulaire utilisé dans le programme s’inspire directement de la *stratégie de sécurité nationale* américaine de décembre 2025 et du discours de J.D. Vance à Munich.

