Une nouvelle étude suggère que la Lune s’est formée beaucoup plus rapidement que prévu
Cinq petites heures : c'est le temps qu'il aurait fallu à notre satellite naturel pour se former, après la collision titanesque qui lui a donné naissance. À l'échelle cosmique, c'est ridiculement court..
Une nouvelle étude publiée en septembre 2026 dans la revue The Astrophysical Journal Letters suggère que la Lune s'est formée en seulement cinq heures après une collision entre la Terre primitive et un corps céleste nommé Théia, il y a environ 4,5 milliards d'années. Ce résultat remet en cause les théories précédentes qui estimaient que ce processus avait duré des mois, voire des dizaines d'années. La Lune serait donc née presque instantanément à l'échelle cosmique, en un temps extrêmement court comparé à la formation des autres objets célestes. Cette découverte s'appuie sur des simulations numériques intégrant des paramètres physiques comme la température et la rigidité des matériaux impliqués dans la collision.
La théorie de l'impact géant propose qu'un corps de la taille de Mars, appelé Théia, a percuté la proto-Terre (la Terre à ses débuts) avec une violence inouïe. Cette collision aurait projeté d'énormes quantités de débris rocheux en orbite autour de la Terre. Ces débris se seraient ensuite agglomérés pour former la Lune. Cette hypothèse, proposée dès les années 1970 par les planétologues William Hartmann et Donald Davis, puis affinée en 2001 par l'astrophysicienne Robin Canup, est aujourd'hui renforcée par les nouvelles simulations. Théia aurait été suffisamment chaude lors de l'impact pour que ses couches externes se désintègrent complètement, facilitant la formation rapide de la Lune.
Les chercheurs ont découvert que la température interne de Théia jouait un rôle clé dans la vitesse de formation de la Lune. Si Théia était encore très chaude au moment de la collision (moins de 60 millions d'années après la formation du Système solaire), ses couches externes, plus malléables, se seraient désintégrées sous l'effet du choc. Cela aurait permis aux débris de s'agglomérer rapidement en orbite, formant la Lune en seulement cinq heures. À l'inverse, si Théia était plus froide (entre 100 et 150 millions d'années après la formation du Système solaire), elle aurait résisté davantage au choc, dispersant ses débris plus lentement et retardant la formation de la Lune. Ces résultats montrent que la température des corps célestes influence directement leur comportement lors d'une collision.
Les simulations précédentes négligeaient l'effet de la température et de la rigidité des matériaux sur la dispersion des débris après l'impact. Adeene Denton, chercheuse au Southwest Research Institute (SwRI) et principale auteure de l'étude, a intégré ces paramètres pour la première fois. En appliquant un profil thermique identique à la proto-Terre et à Théia, elle a observé qu'une Lune intacte pouvait se former en cinq heures. Cette approche a permis de mieux comprendre comment les débris rocheux s'assemblent pour créer un satellite naturel. Les chercheurs soulignent que ces conclusions doivent encore être confirmées par d'autres études, mais elles ouvrent de nouvelles perspectives pour dater précisément l'impact et étudier la Terre primitive.
Cette découverte pourrait avoir des répercussions majeures pour les planétologues et les astrophysiciens. En estimant plus précisément la vitesse de formation de la Lune, les chercheurs pourraient affiner la datation de l'impact avec Théia, un événement qui reste mal connu car aucune roche terrestre n'a conservé de traces de ce cataclysme. De plus, cette étude permet de retracer le *profil thermique* de la Terre primitive, une période géologiquement silencieuse. Les simulations pourraient également être utilisées pour étudier d'autres collisions dans le Système solaire et mieux comprendre la formation des planètes et de leurs satellites.

