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Pedro Marcos, pneumologue : « Les femmes qui fument autant que les hommes ont un risque plus élevé de développer une bronchopneumopathie chronique obstructive »

Science & Vie · mis à jour il y a 23 j

Longtemps, la broncho-pneumopathie du fumeur a passé pour une maladie d'hommes âgés. Pourtant, à quantité de tabac égale, les femmes en souffrent davantage, et leurs cas augmentent.

Femmes fumeuses plus vulnérables

Pedro Marcos, pneumologue, alerte sur un risque accru de bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) chez les femmes fumant autant que les hommes. La BPCO est une maladie pulmonaire chronique qui provoque une obstruction progressive des voies respiratoires, rendant la respiration difficile. Elle inclut des affections comme la bronchite chronique ou l'emphysème. Historiquement, cette maladie était associée aux hommes, en raison d'une consommation tabagique plus élevée dans cette population. Cependant, les habitudes de consommation ont évolué, et les femmes fument désormais autant que les hommes dans de nombreux pays. Selon Pedro Marcos, cette égalité dans la consommation de tabac expose les femmes à un risque plus élevé de développer une BPCO que les hommes, toutes choses égales par ailleurs.

Tabac et santé pulmonaire

Le tabac est la principale cause de BPCO, une maladie qui touche environ 3,5 millions de personnes en France, selon les estimations récentes. La fumée de cigarette contient plus de 7 000 substances chimiques, dont de nombreuses toxiques et cancérigènes. Ces substances endommagent les poumons en provoquant une inflammation chronique des voies respiratoires et en détruisant progressivement les tissus pulmonaires. Pedro Marcos souligne que les femmes, bien que moins exposées historiquement au tabac, semblent plus sensibles à ses effets néfastes. Cette sensibilité accrue pourrait s'expliquer par des différences biologiques, comme la taille des poumons ou la manière dont le corps métabolise les substances toxiques du tabac. La BPCO est une maladie irréversible, mais son évolution peut être ralentie par l'arrêt du tabac.

Évolution des comportements

Pedro Marcos met en lumière un changement sociétal majeur : la consommation de tabac chez les femmes a fortement augmenté depuis les années 1960. À cette époque, fumer était souvent perçu comme un comportement masculin, voire une marque d'émancipation pour certaines femmes. Aujourd'hui, les femmes fument autant que les hommes dans de nombreux pays occidentaux, y compris en France. Cette évolution a des conséquences sanitaires, car les femmes semblent plus vulnérables aux effets du tabac sur les poumons. Pedro Marcos insiste sur l'importance de sensibiliser le public, en particulier les femmes, aux risques spécifiques liés à la consommation de tabac, afin de prévenir l'apparition de maladies pulmonaires chroniques.

Ce que ça pourrait changer

Face à ce constat, Pedro Marcos appelle à une prise de conscience collective. La prévention reste le meilleur outil pour lutter contre la BPCO. Cela passe par des campagnes de sensibilisation ciblées, notamment auprès des femmes, pour les informer des risques spécifiques liés au tabac. L'arrêt du tabac est la mesure la plus efficace pour réduire le risque de développer une BPCO ou pour ralentir son évolution. Des programmes d'aide à l'arrêt du tabac, comme les substituts nicotiniques ou les thérapies comportementales, sont disponibles et peuvent être proposés par les professionnels de santé. Pedro Marcos souligne également l'importance d'un diagnostic précoce, car plus la maladie est détectée tôt, meilleures sont les chances de la stabiliser.

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