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Vous avez déjà eu un gros coup de soleil ? Les dégâts peuvent continuer bien après la disparition de la brûlure

Science & Vie · mis à jour 22 août

Les brûlures sévères de l'enfance pèsent le plus lourd. Un coup de soleil douloureux triplerait alors le risque de carcinome épidermoïde, un cancer de la peau fréquent.

Coup de soleil : bien plus qu'une brûlure

Un coup de soleil n'est pas seulement une réaction cutanée temporaire et douloureuse. Il s'agit en réalité d'une brûlure au premier degré, causée par une exposition excessive aux rayons ultraviolets (UV) du soleil. Ces rayons, invisibles à l'œil nu, endommagent les cellules de la peau en altérant leur ADN. Contrairement à une brûlure classique, les dégâts ne se limitent pas à la surface : ils peuvent provoquer des mutations génétiques dans les cellules de la peau. Ces mutations, bien que souvent réparées par le corps, peuvent parfois persister et favoriser le développement de cancers cutanés, comme le mélanome, une forme grave de cancer de la peau. Les UV sont classés en trois types : les UVA, les UVB et les UVC, mais seuls les UVA et UVB atteignent la surface de la Terre. Les UVC, bien que les plus dangereux, sont bloqués par la couche d'ozone.

Dégâts cellulaires invisibles

Les coups de soleil sévères provoquent une inflammation cutanée intense, caractérisée par des rougeurs, des douleurs et parfois des cloques. Cette réaction est le signe d'une réponse immunitaire du corps, qui tente de réparer les dommages. Cependant, les mutations génétiques induites par les UV ne sont pas toujours corrigées. Certaines cellules de la peau peuvent ainsi conserver des erreurs dans leur ADN, comme des lésions de l'ADN ou des cassures de brins d'ADN. Ces anomalies peuvent perturber le fonctionnement normal des cellules et augmenter le risque de cancers cutanés à long terme. Une étude publiée dans la revue Science & Vie souligne que ces dégâts cellulaires peuvent persister pendant des années, même après la disparition des symptômes visibles.

Risque accru de cancer

Les personnes ayant subi un ou plusieurs coups de soleil graves, surtout pendant l'enfance ou l'adolescence, présentent un risque accru de développer un mélanome, le cancer de la peau le plus agressif. Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), environ 90 % des mélanomes sont liés à une exposition excessive aux UV. Un seul coup de soleil sévère peut suffire à déclencher des mécanismes cellulaires favorisant la formation de tumeurs. Les naevi (grains de beauté) sont également des zones à risque, car ils contiennent des cellules pigmentées plus sensibles aux mutations. Les dermatologues recommandent de surveiller régulièrement les changements de taille, de forme ou de couleur des grains de beauté, ainsi que l'apparition de nouvelles lésions cutanées.

Vieillissement prématuré de la peau

Outre le risque de cancer, les coups de soleil répétés accélèrent le vieillissement cutané. Les UV endommagent les fibres de collagène et d'élastine, deux protéines essentielles pour maintenir la fermeté et l'élasticité de la peau. Avec le temps, cette dégradation entraîne l'apparition de rides, de taches brunes et d'une peau sèche et rugueuse. Une étude citée dans l'article indique que 80 % du vieillissement cutané visible est dû à l'exposition au soleil. Les radicaux libres, des molécules instables produites par les UV, jouent un rôle clé dans ce processus. Ils endommagent les cellules et accélèrent leur vieillissement.

Ce que ça pourrait changer

Pour limiter les dégâts des UV, il est essentiel d'adopter des mesures de protection. L'application d'une **crème solaire** à large spectre (qui protège contre les UVA et UVB) est la méthode la plus efficace. Les dermatologues recommandent un **indice de protection solaire (SPF) 30 ou plus**, à renouveler toutes les deux heures en cas d'exposition prolongée. Il est également conseillé de porter des vêtements couvrants, un chapeau à large bord et des lunettes de soleil avec protection UV. Éviter les heures où le soleil est le plus intense (entre 12h et 16h) permet de réduire significativement l'exposition. Enfin, une visite annuelle chez un dermatologue permet de détecter précocement d'éventuelles lésions suspectes.

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