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Culture

Le PS a-t-il chassé ses fantômes ?

France Culture - Savoirs · mis à jour 24 sept.

La figure de Jean-Luc Mélenchon électrise le premier débat de la primaire sociale-démocrate. Sans l'accaparer..

Débat tendu à gauche

Le 23 septembre 2026, lors du premier débat de la primaire sociale-démocrate du Parti socialiste (PS), un clivage profond est apparu entre les candidats sur la question des alliances avec La France insoumise (LFI). D’un côté, Raphaël Glucksmann et Jérôme Guedj ont clairement rejeté toute collaboration avec LFI, estimant que cela affaiblirait la gauche face à l’extrême droite. De l’autre, Olivier Faure, Ségolène Royal et Emmanuel Maurel ont défendu l’idée d’un rassemblement de toute la gauche, y compris avec LFI, pour contrer la montée du Rassemblement national (RN). Cette opposition a révélé une fracture durable au sein du PS, où le fantôme de Jean-Luc Mélenchon, fondateur de LFI, continue de hanter les débats, bien qu’il ait quitté le parti en 2008. Le 17 octobre 2026, les électeurs de la primaire trancheront définitivement cette question.

Consensus sur plusieurs sujets

Malgré les tensions, les candidats de la primaire socialiste ont affiché un consensus sur plusieurs enjeux majeurs. Ils sont tous d’accord sur la nécessité de hausser les salaires, de réformer la fiscalité et d’accélérer la transition écologique, bien que leurs propositions diffèrent sur certains détails. Un autre point de convergence concerne la position à adopter face à la crise israélo-palestinienne. Olivier Faure et Ségolène Royal ont soutenu l’idée de qualifier de génocide les actions d’Israël à Gaza, tandis que Glucksmann et Guedj ont évité cette qualification. Tous, cependant, ont condamné les crimes commis par Israël contre les Palestiniens et appelé à une position plus ferme de la France et de l’Europe. Ce consensus montre une évolution notable, rapprochant le PS de LFI sur ce dossier.

Débats sur les positions de Royal

Ségolène Royal, candidate à la primaire, a suscité des controverses lors du débat. Elle a notamment déclaré qu’il faudrait plus de voix juives et israéliennes pour dénoncer la situation à Gaza, une affirmation qui a provoqué une réaction vive de Raphaël Glucksmann. Ce dernier a rétorqué qu’un Français juif n’avait aucun lien avec les actions du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, soulignant ainsi l’inappropriation de cette remarque. Royal a également été critiquée pour sa position sur la guerre en Ukraine, où elle a évoqué la nécessité de négocier et de médier avec la Russie de Vladimir Poutine, une approche qui rappelle les positions de Jean-Luc Mélenchon. Ces prises de position ont mis en lumière les divisions persistantes au sein du PS.

Ce que ça pourrait changer

Un autre fantôme, celui de François Hollande, ancien président socialiste (2012-2017), a également été évoqué lors du débat, mais de manière beaucoup plus discrète. Emmanuel Maurel a brièvement mentionné un *quinquennat un peu douloureux*, en référence au mandat de Hollande. Cependant, contrairement à Jean-Luc Mélenchon, Hollande n’obsède plus le PS. Bien qu’il prépare une éventuelle candidature à l’élection présidentielle de 2027, il ne participe pas à la primaire socialiste et s’adresse davantage au centre qu’à la gauche. Neuf ans après la fin de son mandat, son influence sur le parti semble s’être estompée, laissant la place aux débats actuels et aux tensions internes.

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