En Colombie, des milliers de personnes manifestent contre le nouveau président de droite dure
Il s’agit de la première journée de mobilisation depuis l’arrivée au pouvoir d’Abelardo de la Espriella en août..
Le 14 octobre 2026, des milliers de Colombiens manifestent contre le président Abelardo de la Espriella, entré en fonction en août 2026. Ce dernier est un avocat millionnaire et novice en politique, admirateur de l'ancien président américain Donald Trump. Son élection marque un virage à droite dans un pays traditionnellement marqué par des gouvernements centristes ou de gauche. Les manifestants lui reprochent notamment sa gestion controversée des droits humains, sa stratégie musclée contre les groupes armés liés au narcotrafic, et son rapprochement avec les États-Unis et Israël. Son épouse, chargée de coordonner les aides après un séisme en août 2026, est également critiquée pour un manque de transparence dans la gestion des fonds.
La journée du 14 octobre 2026 marque la première grande mobilisation depuis l'arrivée au pouvoir d'Abelardo de la Espriella. Des syndicats, des communautés autochtones, des étudiants et des organisations féministes se sont rassemblés dans plusieurs villes, dont Bogotá, la capitale. Les slogans comme « Abelardo nous déteste » ou « Pour le futur du pays » reflètent le mécontentement général. Selon Samuel Molina, un étudiant de 20 ans à Bogotá, cette manifestation montre que l'opposition représente une grande partie du pays. Les manifestants craignent une répression accrue, après la signature d'un décret présidentiel permettant aux autorités d'encadrer strictement les protestations et d'utiliser la force en cas de blocage de routes.
Gustavo Petro, premier président de gauche de l'histoire de la Colombie (2022-2026), avait mis en place des réformes sociales ambitieuses. Parmi elles, l'accès gratuit à l'université publique, des hausses record du salaire minimum et des avantages pour les salariés, comme le paiement supplémentaire des heures de nuit. Ester Guerra, une professeure de 32 ans, exprime sa crainte de perdre ces acquis sous le nouveau gouvernement. Les manifestants craignent que les politiques de droite dure d'Abelardo de la Espriella ne remettent en cause ces avancées sociales et économiques.
Les communautés autochtones protestent contre un projet de régulation de la garde autochtone, une entité civile chargée de défendre les territoires ancestraux dans les régions touchées par les guérillas et le trafic de drogue. Ce projet est perçu comme une menace pour leur autonomie. Par ailleurs, les féministes manifestent pour le maintien du droit à l'avortement, symbolisé par une écharpe verte arborée par une manifestante. Ces revendications illustrent les tensions autour des droits sociaux et culturels sous le nouveau gouvernement.
La Colombie, pays d'Amérique du Sud de 50 millions d'habitants, traverse une période de forte polarisation politique. Le gouvernement de gauche de Gustavo Petro avait rompu les relations diplomatiques avec Israël, une décision que le nouveau président a inversée. Cette réorientation diplomatique, couplée à un rapprochement avec Washington, suscite des inquiétudes quant à la souveraineté du pays. Les manifestants dénoncent également la stratégie de lutte frontale contre les groupes armés, jugée dangereuse pour les droits humains et susceptible d'aggraver les violences dans le pays.

