Des manifestants demandent du logement social «maintenant, toute suite»
Une cinquantaine de membres de la Coalition contre le logement cher ont participé à une tournée des bureaux de campagne..
Quelques jours avant les élections provinciales québécoises du 5 octobre 2026, une cinquantaine de manifestants ont organisé une tournée en autobus pour interpeller les candidats de trois partis politiques : le Parti libéral du Québec (PLQ), le Parti québécois (PQ) et la Coalition avenir Québec (CAQ). Leur objectif était de réclamer des engagements concrets pour résoudre la crise du logement au Québec. La manifestation s'est déroulée samedi matin, avec des arrêts devant les bureaux de responsables politiques, dont celui de la ministre provinciale responsable de l'Habitation, Karine Boivin Roy (CAQ), et celui du chef du PQ, Paul Saint-Pierre Plamondon. Les manifestants ont exprimé leur inquiétude face à la hausse des loyers et au manque de solutions alternatives sur le marché privé.
Les manifestants, membres de la Coalition contre le logement cher, ont formulé trois revendications principales. D'abord, ils demandent un meilleur contrôle des loyers pour limiter leur augmentation. Ensuite, ils exigent un développement massif du logement social, c'est-à-dire des logements à loyer modéré ou subventionnés par l'État, destinés aux personnes à faible revenu. Enfin, ils souhaitent l'ajout du droit au logement dans la Charte des droits et libertés de la personne du Québec, ce qui donnerait une base légale pour garantir l'accès à un logement décent. Ces demandes visent à réduire la précarité des locataires et à offrir des alternatives au marché immobilier privé, jugé trop coûteux.
Parmi les trois partis visités, seuls le PLQ et la CAQ ont accepté de rencontrer les manifestants. Cependant, selon Catherine Marcoux, organisatrice communautaire au Réseau d'aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal, ces rencontres n'ont pas abouti à de nouveaux engagements politiques. Elle a qualifié les discussions de « non productives » et exprimé sa déception face à l'absence de propositions concrètes. La Coalition n'a pas jugé utile de se rendre au bureau de Québec Solidaire, car ce parti s'est déjà engagé à agir sur la crise du logement. En revanche, elle a évité de rencontrer le Parti conservateur, estimant que ses positions vont à l'encontre des besoins des locataires.
Catherine Marcoux a souligné que, bien que le coût de la vie ait été un thème central de la campagne électorale, la question du logement social a été peu abordée par les cinq candidats au poste de premier ministre et leurs équipes. Elle a rappelé que le logement est un enjeu qui touche une grande partie de la population, notamment les électeurs. Elle a également critiqué le fait que les chefs politiques aient davantage parlé d'itinérance sans proposer de solutions concrètes comme le développement du logement social. Pour elle, le logement social est une mesure préventive essentielle pour éviter que des personnes ne se retrouvent en situation de précarité extrême.
La manifestation de samedi s'inscrivait dans le cadre d'une semaine de mobilisation organisée par la Coalition contre le logement cher. Plus tôt dans la semaine, un petit groupe de militants avait occupé illégalement un logement privé inoccupé dans le sud-ouest de Montréal pendant près de 36 heures. Cette action visait à attirer l'attention des élus sur la nécessité de trouver des solutions pour le logement social. Après la manifestation, les militants ont été invités à rejoindre une autre mobilisation étudiante organisée par la Coalition de résistance pour l'unité étudiante syndicale (CRUES), qui dénonçait des années d'austérité en éducation.
Carl Lafrenière, organisateur communautaire pour le *Front d'action populaire en réaménagement urbain* (**FRAPRU**), a encouragé les manifestants à se joindre à la manifestation étudiante. Il a souligné l'importance de maintenir la mobilisation après les élections, affirmant que « le vent de droits va nous frapper peu importe le gouvernement élu ». Selon lui, les différentes luttes sociales, comme celle pour le logement ou celle pour l'éducation, doivent se soutenir mutuellement pour renforcer leur impact. Elki Mercier, responsable de la coordination de la CRUES, a rappelé que voter le 5 octobre est une étape, mais que la mobilisation doit se poursuivre les 364 autres jours de l'année pour construire un rapport de force durable.

