Trump renvoie son ambassadrice en Grèce, Kimberly Guilfoyle
Le «Wall Street Journal» a publié une série d’articles embarrassants pour cette ancienne animatrice de Fox News..
Donald Trump a renvoyé Kimberly Guilfoyle de son poste d'ambassadrice des États-Unis en Grèce le 13 octobre 2026. Cette décision a été annoncée par la porte-parole de la Maison Blanche, Katie Zacharia, lors d'un point presse. Trump a justifié ce renvoi en déclarant que « ce qu’on lisait ne [lui] a pas plu », sans préciser la nature des révélations compromettantes. Kimberly Guilfoyle, ex-fiancée de Donald Trump Jr et ancienne animatrice de Fox News, a réagi sur le réseau social X en niant les accusations et en défendant son bilan. Elle a reconnu que son mandat « pourrait toucher à sa fin » tout en affirmant vouloir défendre son honneur et sa réputation.
Le Wall Street Journal a révélé que Kimberly Guilfoyle aurait échangé pendant des mois avec Eric Deters, un juriste et ancien candidat républicain au Congrès du Kentucky, pour l'aider à résoudre ses problèmes fiscaux. Deters, qui a versé des centaines de milliers de dollars à la famille Trump et au Parti républicain depuis 2020, aurait refusé de régler une dette de carte de crédit de plusieurs milliers d'euros demandée par Guilfoyle, craignant que cela ne nuise à son mariage. Par ailleurs, des enregistrements audio ont montré l'ambassadrice se vantant de voyages et séjours luxueux offerts par des hommes d'affaires grecs, soulevant des questions sur d'éventuels conflits d'intérêts. Une enquête de l'inspecteur général du département d'État américain est en cours pour vérifier si elle a reçu des cadeaux inappropriés.
Kimberly Guilfoyle, née en 1969 à San Francisco, est une ancienne procureure californienne et figure médiatique connue pour ses prises de position conservatrices. Elle a été nommée ambassadrice en Grèce par Trump en décembre 2024 mais n'a pris ses fonctions qu'en novembre 2025. Son parcours inclut également un mariage avec Gavin Newsom, gouverneur démocrate de Californie. La presse grecque a exhumé des déclarations de 2015 où elle qualifiait les Grecs de « profiteurs » à punir « comme un chien qui fait pipi sur le tapis », une phrase qui a alimenté les critiques contre elle. À Athènes, elle a multiplié les apparitions mondaines, comme une soirée en robe scintillante ou des danses traditionnelles, attirant l'attention des médias locaux.
La Grèce occupe une place stratégique pour les États-Unis, notamment en raison de ses terminaux de GNL (Gaz Naturel Liquéfié) en expansion. Ces infrastructures permettent à Washington de réduire la dépendance européenne au gaz russe en acheminant du gaz américain vers les Balkans via la Grèce. Kimberly Guilfoyle a œuvré pour renforcer les liens économiques et énergétiques entre les deux pays, signant des accords historiques pour exporter du GNL américain vers l'Europe et développer le Vertical Corridor, un projet visant à sécuriser les approvisionnements énergétiques. Ces initiatives s'inscrivaient dans la politique America First de Trump, privilégiant les intérêts économiques américains.
La visite du secrétaire d'État américain Marco Rubio à Athènes en octobre 2026 a été partiellement éclipsée par l'affaire Guilfoyle. Bien que Rubio n'ait pas commenté publiquement les révélations, certains médias ont rapporté qu'il était revenu à Washington « furieux ». L'ambassadrice l'avait accueilli à l'aéroport en l'embrassant, une scène largement diffusée sur les réseaux sociaux. Cette affaire survient dans un contexte où les États-Unis cherchent à consolider leur influence en Europe du Sud-Est, face à la concurrence russe et chinoise. La Grèce, membre de l'OTAN, est un allié clé pour Washington dans cette région.

