Les États-Unis envisagent d’utiliser la plus puissante bombe conventionnelle contre l’Iran
La GBU-43, une bombe à effet de souffle massif (MOAB), n'a été utilisée qu'une fois en 2017, en Afghanistan..
Les États-Unis et l'Iran sont engagés dans une escalade militaire depuis plusieurs années, avec des tensions particulièrement vives en octobre 2026. Les États-Unis, sous la présidence de Donald Trump, envisagent des frappes ciblées contre l'Iran, notamment avant les élections de mi-mandat du 3 novembre 2026. Ces élections s'annoncent difficiles pour le camp républicain de Trump, qui a pourtant déclaré exclure une attaque contre l'Iran avant ce scrutin. Malgré ces déclarations, des médias américains rapportent que la Maison-Blanche a demandé au Pentagone d'élaborer des scénarios de frappe, incluant des infrastructures énergétiques et des sites nucléaires iraniens.
La GBU-43, surnommée Massive Ordnance Air Blast (MOAB) ou Mother Of All Bombs (MOAB), est la bombe conventionnelle la plus puissante de l'arsenal américain. Avec un poids de 9 500 kg, elle génère une explosion équivalente à 11 tonnes de TNT, soit environ 0,8 fois la puissance de la bombe atomique d'Hiroshima. Contrairement aux armes nucléaires, elle ne produit pas de radioactivité, mais son souffle et sa chaleur détruisent tout dans un rayon de plusieurs centaines de mètres. Elle a été utilisée une seule fois en 2017, en Afghanistan, contre des positions de l'État islamique. Son efficacité réside dans sa capacité à raser de vastes zones, mais elle n'est pas conçue pour détruire des cibles souterraines profondes.
Les scénarios envisagés par les États-Unis incluent des frappes sur des infrastructures énergétiques et des sites nucléaires iraniens, comme le complexe de Natanz, déjà bombardé en juin 2025. Une cible spécifique est le mont Kolang, appelé Pickaxe Mountain en anglais, situé près de Natanz. Ce site est soupçonné d'abriter un complexe nucléaire profondément enfoui, en construction depuis plusieurs années. L'utilisation d'une MOAB contre ce type de cible est controversée, car son effet de souffle massif pourrait causer des victimes civiles si elle est utilisée à proximité de zones habitées.
Plusieurs responsables américains expriment des doutes sur l'utilité de la MOAB pour des frappes précises. Bien qu'elle soit redoutable pour détruire de grandes surfaces, elle n'est pas adaptée pour pénétrer profondément dans le sol ou cibler des infrastructures spécifiques. De plus, son utilisation près de zones habitées soulève des inquiétudes quant aux victimes civiles, en raison de son souffle dévastateur. Le Pentagone n'a pas encore réagi officiellement à ces rapports, mais les discussions internes montrent une division sur l'opportunité d'utiliser une telle arme dans le contexte actuel.
L'Iran a réagi en affirmant qu'il n'existe pas de *solution militaire* à son conflit avec les États-Unis, tout en menaçant d'intensifier sa riposte aux frappes américaines. Le président Trump, de son côté, a assuré que des discussions productives étaient en cours avec Téhéran, tout en maintenant une posture ferme. Les élections de mi-mandat aux États-Unis ajoutent une dimension politique à cette crise, avec un enjeu électoral important pour le camp républicain. La décision finale dépendra donc à la fois des impératifs militaires et des calculs politiques.

