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« Jésus revient bientôt es-tu prêt? » : Un graffiti notoire de l’autoroute 20 modifié

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 18 j

Le CN n’a toujours pas l’intention de l’effacer..

Origine du graffiti

Le graffiti original, visible sur un pont ferroviaire surplombant l'autoroute 20 à Lévis (Québec), affichait le message religieux «Jésus revient bientôt es-tu pret? (sic)» depuis au moins 5 ans, selon les estimations des habitants, et jusqu’à 30 ans pour certains. Ce message, qui fait référence à un verset de la Bible («Je suis le chemin, la vérité et la vie» de l’évangile selon Jean), est souvent associé à la confession évangélique en raison de son ton direct et personnel, utilisant le tutoiement («es-tu prêt?»). L’auteur reste inconnu, bien qu’une rumeur locale évoquait, il y a 12 ans, une possible implication d’une personne ayant des enjeux de santé mentale. Le pont est géré par la compagnie ferroviaire CN, qui n’a pas confirmé ni infirmé cette origine.

Modifications récentes

Depuis environ 2 semaines, le graffiti a été modifié par des inconnus. Sur la face est du pont, les trois dernières lettres du mot «Jésus» ont été recouvertes de peinture verte, transformant le message en «Je reviens bientôt, es-tu prêt???». Sur la face ouest, l’ancien message «Jésus t'aime le chemin la vérité la vie» est devenu «Je t’aime Geneviève L.». Ces modifications ont été observées par les locaux et les touristes empruntant l’autoroute 20, qui relie Montréal à la région du Bas-Saint-Laurent. Le CN, responsable de l’entretien du pont, n’a pas l’intention de nettoyer ces graffitis, invoquant un manque de ressources et le risque de voir d’autres inscriptions apparaître sur une surface nettoyée.

Réactions des habitants

Les réactions des habitants de Lévis et de Beaumont sont variées. L’ancien maire de Beaumont, David Christopher, suggère de remplacer le graffiti par des messages locaux comme «Bienvenue à Lévis» ou «Bienvenue dans la MRC de Bellechasse», critiquant son caractère ciblant une personne. Rock Forget, propriétaire d’un camping à Beaumont, estime que le message original, présent depuis environ 13 ans, devrait être enlevé car il cible une personne en particulier. À l’inverse, Bernard Drainville, député de Lévis, considère que ce graffiti fait partie de l’histoire locale et défend sa conservation, soulignant que l’espace public n’est pas un espace laïc au sens strict, mais permet l’expression religieuse dans les limites de la loi.

Rôle du CN et enjeux

Le CN, entreprise ferroviaire responsable de l’entretien du pont, a choisi de ne pas effacer les graffitis malgré leur caractère religieux ou modifié. La compagnie justifie cette décision par l’étendue de son réseau (plusieurs zones à entretenir) et le risque de voir apparaître de nouveaux graffitis sur une surface nettoyée, créant un cercle vicieux. Cette position est critiquée par certains habitants, qui y voient une négligence. Le graffiti, initialement perçu comme un message évangélique, est désormais considéré par certains comme un simple repère visuel, perdant son sens originel au fil du temps.

Ce que ça pourrait changer

Selon **Frédéric Dejean**, spécialiste de l’expression du religieux dans l’espace urbain, le message original s’inscrit dans une tradition évangélique, qui insiste sur la responsabilité individuelle du salut par le Christ. L’espace public, comme les axes routiers, n’est pas un espace laïc au sens strict, mais permet l’expression de la spiritualité dans le respect de la loi. Le graffiti, devenu un repère visuel pour les automobilistes se dirigeant vers Lévis ou le Bas-Saint-Laurent, illustre cette coexistence entre religion et paysage urbain. Les modifications récentes montrent comment un message peut être détourné, tout en restant ancré dans le paysage local.

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