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Généraliste

Fin prêt pour le départ de Trump

Le Devoir · mis à jour il y a 1 j

En devançant d’un an le déficit zéro, le PQ entend s’assurer que l’ardoise sera effacée avant la tenue du référendum..

Dépenses publiques et inflation

Les partis politiques québécois promettent tous des hausses de dépenses publiques inférieures à l’inflation, sauf ceux de leurs adversaires. Par exemple, le Parti québécois (PQ) propose une augmentation moyenne annuelle de 1,9 % des dépenses, tandis que les autres partis, à l’exception des conservateurs, annoncent des hausses similaires. L’inflation désigne la hausse générale des prix sur une période donnée, ce qui réduit le pouvoir d’achat. En limitant les dépenses à un rythme inférieur à l’inflation, les partis affirment pouvoir maintenir les services publics sans augmenter les budgets. Cependant, cette approche est critiquée, car elle peut entraîner une réduction des services si les coûts augmentent plus vite que prévu. Le vocabulaire utilisé a évolué : on parle désormais d’efficience plutôt que d’austérité, un terme associé aux réductions de dépenses des années Couillard (2014-2018), où des mobilisations populaires avaient eu lieu pour protester contre la baisse des budgets dans les écoles.

Stratégie du Parti québécois

Le PQ, dirigé par Paul St-Pierre Plamondon, mise sur une réduction de la bureaucratie pour améliorer l’efficacité des services publics. Il propose une baisse de 2,5 % de la masse salariale de la fonction publique, sans préciser le nombre exact de postes concernés. Cette mesure vise à libérer des fonds pour les services directs, comme la santé et l’éducation. Cependant, le PQ n’a pas encore garanti que les budgets de ces secteurs seront augmentés suffisamment pour maintenir leur niveau actuel, ce que les experts appellent les coûts de système. Cette approche rappelle les critiques faites à l’encontre de Martin Coiteux, ancien président du Conseil du trésor sous le gouvernement Couillard, accusé d’avoir réduit les dépenses au détriment des services. Le PQ rejette toute comparaison avec cette période, affirmant vouloir moderniser l’État plutôt que de l’affaiblir.

Équilibre budgétaire et référendum

Le PQ prévoit un retour à l’équilibre budgétaire dès 2028-2029, une année marquée par le départ de Donald Trump de la présidence américaine et l’arrivée d’un nouveau locataire à la Maison-Blanche. Cette date coïncide avec une fenêtre politique que le PQ juge idéale pour organiser un référendum sur l’indépendance du Québec, si le parti obtient une majorité. Un déficit zéro pourrait rassurer les électeurs sur la solidité financière d’un Québec indépendant. Cependant, le contexte a changé : en août 2026, le ministère des Finances prévoyait un déficit de 5,6 milliards de dollars pour 2027-2028, contre un équilibre budgétaire anticipé en 2027-2028 dans un document de 2023. Cette détérioration des finances publiques rendra l’objectif de déficit zéro plus difficile à atteindre, quel que soit le parti au pouvoir.

Ce que ça pourrait changer

Le PQ et ses adversaires s’accusent mutuellement de mentir sur leurs promesses budgétaires. Par exemple, Alain Therrien, ancien député péquiste devenu membre de l’équipe économique du PQ, avait critiqué en 2015 les réductions de 2 % des effectifs dans la fonction publique, arguant que cela affecterait les services. Aujourd’hui, le PQ propose une réduction de 2,5 % de la masse salariale, sans préciser les postes concernés. Éric Duhaime, chef du Parti conservateur du Québec, ne semble pas aussi pressé d’atteindre le déficit zéro, ce qui pourrait indiquer une stratégie différente. Le débat porte donc sur la crédibilité des partis à concilier rigueur budgétaire et maintien des services publics, dans un contexte où les finances de l’État se dégradent.

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