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Société

‘God gave us oil, God gave us gas’: How Christian nationalism is shaping the push for Alberta’s independence

Ricochet · mis à jour il y a 18 j

A growing cross-border network of fundamentalists, oil-industry boosters, and Trump allies has taken an increasing interest in Alberta sovereignty, helping push an American-style political vision into Canada The post ‘God gave us oil, God gave us gas’: How Christian nationalism is shaping the push for Alberta’s independence appeared first on Ricochet..

Référendum du 19 octobre

Les Albertains voteront le 19 octobre 2025 pour décider si leur province doit rester canadienne ou devenir indépendante. Ce référendum s’inscrit dans un contexte où des acteurs politiques américains, liés au mouvement MAGA (Make America Great Again), soutiennent activement la sécession. Par exemple, Donald Trump a évoqué à plusieurs reprises l’idée d’annexer le Canada comme 51e État américain. Des figures républicaines comme le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent ou l’ambassadeur des États-Unis au Canada Pete Hoekstra ont publiquement exprimé leur soutien à l’indépendance de l’Alberta, arguant que cette province possède des ressources énergétiques stratégiques pour les États-Unis.

Réseau chrétien extrême

Un réseau complexe d’organisations chrétiennes fondamentalistes, de médias et de donateurs américains et canadiens alimente le mouvement séparatiste albertain. Parmi ces acteurs, l’Ezra Institute, fondé en 2009 en Ontario et étendu aux États-Unis en 2022, joue un rôle central. Cet institut redistribue des fonds via la Canadian National Christian Foundation (CNCF) à des pasteurs et des médias promouvant une vision dominioniste de la société. Le dominionisme est une doctrine théocratique selon laquelle les chrétiens doivent contrôler les institutions politiques et sociales pour imposer des lois inspirées de l’Ancien Testament. Par exemple, certains de ses partisans interprètent un passage biblique comme une justification de l’exploitation des ressources naturelles, comme le pétrole, sans considération pour l’environnement.

Origines historiques des tensions

Les griefs séparatistes remontent à 1980, avec le Programme énergétique national de Pierre Trudeau, qui limitait les profits des provinces productrices de pétrole comme l’Alberta. Ricardo Acuña, directeur de l’Institut Parkland, souligne que les dirigeants albertains ont souvent exploité ce sentiment d’exceptionnalisme provincial pour négocier des avantages, comme des pipelines ou des réductions d’impôts pour l’industrie pétrolière. Cependant, le mouvement actuel se distingue par son alliance avec des groupes chrétiens extrêmes et des acteurs politiques américains, ce qui le rend plus radical que les revendications passées.

Impact de la pandémie de COVID-19

La pandémie a accéléré la radicalisation de certains Albertains, notamment en raison de l’isolement et de la recherche de sens face à la mortalité. Carmen Celestini, chercheuse à l’Université de Waterloo, explique que cette période a favorisé l’émergence de théories conspirationnistes (QAnon, Great Reset) et de mouvements comme le Manosphere ou le christianisme reconstructionniste. Ces groupes ont trouvé un terreau fertile en Alberta, où des pasteurs opposés aux restrictions sanitaires ont rejoint le Freedom Convoy de 2022. Leur influence s’est ensuite étendue à la politique provinciale, avec l’élection de Danielle Smith en 2022, soutenue par une base électorale radicalisée.

Lien entre religion et politique

Les séparatistes albertains rejettent une société sécularisée et multiculturelle, prônant un retour à un État fondé sur des principes chrétiens fondamentalistes. Donald Gutstein, professeur à l’Université Simon Fraser, note que leur vision inclut le rejet des droits LGBTQ+, la restriction des droits des femmes et le port d’armes généralisé. Par exemple, le gouvernement albertain a utilisé à trois reprises la clause dérogatoire (notwithstanding clause) pour contourner les décisions de justice et adopter des lois restrictives, comme l’interdiction des soins de transition pour les mineurs transgenres ou la censure de livres dans les bibliothèques scolaires.

Rôle de l’industrie pétrolière

L’industrie pétrolière et gazière albertaine entretient des liens étroits avec le gouvernement provincial. Par exemple, Danielle Smith, actuelle Première ministre, a été présidente de l’Alberta Enterprise Group, un lobby regroupant des géants comme Canadian Natural Resources ou Battle River Energy Ltd. Cette proximité se manifeste par un va-et-vient constant entre l’industrie et la politique : d’anciens ministres ou conseillers deviennent lobbyistes, tandis que d’anciens dirigeants du secteur énergétique occupent des postes gouvernementaux. Cette collusion a permis à l’industrie d’influencer les politiques climatiques et énergétiques, tout en alimentant le sentiment séparatiste comme levier de négociation avec Ottawa.

Financement transfrontalier

Le réseau chrétien extrême bénéficie de financements croisés entre le Canada et les États-Unis. L’Ezra Institute reçoit des dons d’organisations et d’individus des deux pays, puis redistribue ces fonds via la Canadian National Christian Foundation (CNCF). Par exemple, Jonathan Wellum, membre du conseil d’administration de la CNCF, sponsorise des podcasts nationalistes chrétiens via son entreprise Rocklinc. Ces médias, souvent dirigés par des pasteurs liés à l’Ezra Institute, diffusent une idéologie dominioniste et pro-séparatiste. En 2021, le pasteur Michael Thiessen, alors responsable des opérations américaines de l’Ezra Institute, a été accusé d’avoir enfreint les restrictions sanitaires lors de rassemblements religieux en Ontario.

Stratégie politique de Danielle Smith

Danielle Smith, Première ministre albertaine depuis 2022, a intégré une partie de la base électorale radicalisée à son parti, l’United Conservative Party (UCP). Elle a notamment soutenu les opposants aux mesures sanitaires pendant la pandémie, déclarant que les non-vaccinés étaient « le groupe le plus discriminé » de sa vie. Son gouvernement a adopté des lois restrictives sur les droits LGBTQ+, utilisé la clause dérogatoire à trois reprises et promu une interprétation biblique de la gestion des ressources naturelles. Smith est également accusée de flirter avec le séparatisme pour conserver le soutien de sa base, bien qu’elle affirme officiellement vouloir une Alberta forte au sein du Canada.

Alliances controversées

Le mouvement séparatiste albertain s’appuie sur des alliances avec des figures politiques américaines controversées. Par exemple, Devin Dreeshen, ministre albertain et ancien collaborateur de la campagne de Donald Trump en 2016, est identifié comme un allié des séparatistes. De plus, des rassemblements séparatistes ont accueilli des personnalités d’extrême droite, comme une députée européenne du parti allemand AfD (parti d’extrême droite), connue pour ses propos anti-musulmans et anti-LGBTQ+. Ces liens illustrent l’ancrage du mouvement dans un réseau international de groupes nationalistes et chrétiens fondamentalistes.

Ce que ça pourrait changer

Le référendum albertain du 19 octobre 2025 pourrait avoir des répercussions majeures pour le Canada. Si l’Alberta vote pour l’indépendance, cela remettrait en cause l’unité nationale et pourrait inspirer d’autres mouvements séparatistes, comme au Québec. De plus, l’influence croissante des groupes chrétiens extrêmes et des acteurs américains dans la politique albertaine soulève des questions sur la laïcité et la cohésion sociale au Canada. Enfin, la crise politique actuelle met en lumière les tensions entre les provinces riches en ressources naturelles et le gouvernement fédéral, notamment sur les questions énergétiques et fiscales.

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