‘God gave us oil, God gave us gas’: How Christian nationalism is shaping the push for Alberta’s independence
Le référendum sur l'indépendance de l'Alberta, prévu le 19 octobre 2026, s'inscrit dans un mouvement séparatiste enraciné dans des dynamiques politiques et religieuses transfrontalières. Porté par une alliance entre élites pétrolières, nationalistes chrétiens et figures de l'extrême droite américaine, ce projet révèle une stratégie de long terme visant à transformer la province en un laboratoire idéologique et économique, où les ressources naturelles deviennent un marqueur identitaire et théologique. L'enjeu dépasse la simple question territoriale : il interroge la porosité entre les sphères politique, religieuse et économique dans un contexte de crise des valeurs démocratiques et de polarisation idéologique.
Quels acteurs américains soutiennent explicitement le mouvement séparatiste albertain ?
Plusieurs figures clés du MAGA et de l'administration Trump ont apporté leur soutien au projet, dont l'ancien secrétaire au Trésor Scott Bessent, qui a qualifié l'Alberta de « partenaire naturel » des États-Unis pour ses ressources énergétiques, ainsi que l'ambassadeur américain au Canada Pete Hoekstra. L'ancien stratège de Trump Steve Bannon et le républicain Andy Ogles ont également exprimé leur appui, ce dernier affirmant que les Albertains préféreraient rejoindre les États-Unis, « car nous gagnons chaque jour ». Ces soutiens s'accompagnent de rencontres secrètes entre dirigeants séparatistes et membres de l'administration Trump, comme celles organisées à Washington en 2025.
Comment la pandémie de COVID-19 a-t-elle accéléré la radicalisation du mouvement séparatiste ?
La crise sanitaire a servi de catalyseur en exacerbant les tensions entre les mesures gouvernementales et les revendications d'une frange de la population albertaine, notamment des communautés religieuses conservatrices. Elle a favorisé l'émergence d'un discours anti-étatiste et anti-restrictions, où la défense de la souveraineté albertaine s'est mêlée à une rhétorique de résistance aux « ingérences » fédérales. Des figures comme Tim Stephens, pasteur lié à l'Ezra Institute et condamné pour avoir enfreint les restrictions sanitaires, ont consolidé ce réseau en s'appuyant sur des réseaux transnationaux de militants anti-vaccins et de théologiens dominionistes.
Quel rôle joue l'industrie pétrolière dans la stratégie séparatiste albertaine ?
L'industrie pétrolière et gazière, via des lobbies comme l'Alberta Enterprise Group — dont Danielle Smith a été présidente —, a entretenu une relation symbiotique avec le pouvoir politique albertain pendant des décennies. Ce réseau, qui inclut des entreprises comme Canadian Natural Resources, a financé et influencé des politiques favorisant l'extraction des ressources, tout en alimentant un sentiment de méfiance envers Ottawa. La rhétorique séparatiste s'appuie ainsi sur une vision où la richesse pétrolière devient un symbole de légitimité divine et de résistance à une transition énergétique perçue comme une menace.
En quoi le dominionisme structure-t-il l'idéologie des partisans de l'indépendance albertaine ?
Le dominionisme, courant théologique prônant la prise de contrôle des institutions par les chrétiens pour imposer une vision biblique de la société, imprègne le discours séparatiste. Ses tenants considèrent que les ressources naturelles, comme le pétrole et le gaz, sont un don divin destiné à être exploité sans restriction, y compris au mépris des traités autochtones ou des enjeux écologiques. Cette vision justifie une opposition aux politiques fédérales de régulation environnementale et une volonté de créer un État où le droit et les normes sociales seraient alignés sur une interprétation littérale des textes sacrés.
Ce que ça pourrait changer
Si le référendum de 2026 aboutissait, l'Alberta pourrait devenir un laboratoire politique où s'expérimenteraient des politiques sociales et économiques radicales, inspirées des modèles américains les plus conservateurs. Ce basculement risquerait d'exacerber les tensions fédérales-provinciales et de normaliser l'instrumentalisation de la religion dans l'espace public, avec des répercussions sur les droits des minorités et la cohésion nationale. À plus large échelle, la réussite du mouvement albertain pourrait encourager d'autres régions à emprunter des voies similaires, fragilisant davantage l'unité canadienne et les équilibres géopolitiques nord-américains.

