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Culture

NOUVELLE STAR · Hélène Rosselet-Ruiz : « Ça m’a sauté à la gueule : l’obscénité d’un tel mode de vie, le niveau de richesse de ces familles »

Trois Couleurs · mis à jour il y a 14 j

Dans « Le Triangle d’or », son premier long haletant (en salles le 29 juillet), avec Malou Khebizi, Hélène Rosselet-Ruiz explore la lutte des classes à travers un prisme intime. En mai dernier, on a rencontré la réalisatrice autour d’une glace à Cannes, où le film était présenté en Séance spéciale dans la Sélection officielle..

Un film sur les inégalités

Hélène Rosselet-Ruiz, réalisatrice de Le Triangle d’or, sort son premier long-métrage le 29 juillet 2026. Ce film explore la lutte des classes à travers une histoire personnelle. L’intrigue suit Laura, une jeune femme interprétée par Malou Khebizi, qui travaille comme employée domestique pour une riche Saoudienne afin de financer son entrée dans l’armée. Le titre fait référence à l’avenue Foch à Paris, un quartier résidentiel où vivent des familles fortunées, souvent issues de l’aristocratie ou des pays du Golfe. Rosselet-Ruiz s’inspire de son propre vécu, ayant elle-même exercé des métiers précaires comme le ménage pour une femme aisée dans ce même quartier. Le film aborde ainsi l’écart entre les modes de vie et les privilèges économiques.

Expérience à Cannes

Le film a été présenté en séance spéciale à Cannes en mai 2026, dans le cadre de la Sélection officielle. Rosselet-Ruiz y a fait part de ses contradictions en tant que spectatrice : elle n’avait jamais pu assister au festival auparavant, faute de moyens financiers pour se loger sur place. Elle souligne l’obscénité des inégalités sociales mises en lumière par ce lieu, où se côtoient luxe et précarité. Pour elle, Cannes incarne ces contrastes, avec des participants aux revenus très élevés côtoyant des réalisateurs ou artistes moins favorisés. Cette expérience a renforcé sa réflexion sur les privilèges et les difficultés d’accès à la culture pour les classes populaires.

Parcours et influences

Hélène Rosselet-Ruiz, âgée de 30 ans, a grandi à Clichy-sous-Bois, une commune de la banlieue parisienne souvent associée à des enjeux socio-économiques. Elle a étudié la réalisation à La Fémis, une école prestigieuse de cinéma en France. Son film s’inscrit dans une veine cinéphile marquée par des réalisateurs comme Laurent Cantet (connu pour ses films sur les classes sociales) ou Jean Renoir (figure majeure du cinéma français). Elle cite aussi Les Silences du palais (1994) de Moufida Tlatli, un film tunisien explorant les rapports de genre et de classe, comme une influence majeure. Ces références montrent son ancrage dans un cinéma engagé et réaliste.

Prise de conscience féministe

Le tournage de Le Triangle d’or a été l’occasion pour Rosselet-Ruiz de prendre conscience de l’impact de sa condition de femme sur son parcours professionnel et personnel. À 25 ans, elle a réalisé que son genre avait influencé ses choix, notamment dans des métiers précaires ou des situations de subordination. Cette révélation s’étend à son personnage, Laura, dont l’histoire reflète ces dynamiques de pouvoir et d’exploitation. Le film devient ainsi une exploration des rapports de domination, à la fois économiques et genrés, dans un cadre intime et tendu.

Ce que ça pourrait changer

Pour son prochain film, Rosselet-Ruiz collaborera à nouveau avec sa sœur jumelle, **Marie Rosselet-Ruiz**, avec qui elle a déjà coécrit et coréalisé plusieurs courts-métrages. Ce nouveau projet, tourné en équipe légère, sera une **comédie dramatique** mêlant questions d’argent et de **sororité** (solidarité entre femmes). Il s’agira d’une forme d’**autofiction**, un genre où l’auteure s’inspire de sa propre vie pour créer une fiction. Ce film marquera un changement de ton par rapport à *Le Triangle d’or*, tout en conservant une approche centrée sur les relations humaines et les inégalités sociales.

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