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Société

Guerre en Ukraine: 89% des cas de violences sexuelles documentés ont été commis par les Russes

Slate FR · mis à jour 22 sept.

Un nouveau rapport de l'ONU a recensé plus de 1.000 cas de violences sexuelles commises depuis le début du conflit en Ukraine. La très grande majorité est attribuée à Moscou, en particulier aux membres de ses forces armées, à son personnel pénitentiaire et aux services de sécurité..

Rapport ONU sur les violences

Un rapport du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme (ONU), publié le 18 septembre 2026, documente plus de 1 000 cas de violences sexuelles commis entre février 2022 et juillet 2026 en Ukraine. Ces agressions ont été recensées principalement dans les régions occupées par la Russie et dans les centres de détention. Les données proviennent d'entretiens confidentiels avec des centaines de victimes, ainsi que de l'analyse de documents judiciaires et de registres officiels. Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme est une institution internationale chargée de promouvoir et protéger les droits humains dans le monde.

Responsables des violences

Selon le rapport, 89 % des cas de violences sexuelles documentés ont été commis par des membres des forces armées, du personnel pénitentiaire et des services de sécurité russes. Ces agresseurs incluent des soldats, des gardiens de prison et des agents des services secrets. Les 11 % restants sont attribués aux autorités ukrainiennes, principalement sous forme de menaces. Le Kremlin désigne ici le gouvernement russe, dirigé par Vladimir Poutine, et ses institutions. Les violences sexuelles incluent des viols, des mutilations génitales, des chocs électriques et des coups portés aux organes génitaux.

Victimes et méthodes

La majorité des victimes sont des prisonniers de guerre, mais des femmes et des enfants ont également été ciblés, notamment dans les zones occupées par la Russie. Les méthodes utilisées sont particulièrement brutales : viols, viols collectifs, mutilations génitales, décharges électriques (notamment avec un appareil appelé tapik, un téléphone militaire soviétique utilisé pour électrocuter les parties génitales), et coups portés aux organes sexuels. Les victimes les plus jeunes et les plus âgées recensées sont une fillette de 4 ans et une femme de 82 ans, toutes deux victimes de violences attribuées à des soldats russes.

Témoignages et chiffres

Près de 75 % des anciens prisonniers de guerre ukrainiens interrogés, ainsi que la moitié des civils détenus, ont déclaré avoir subi des violences sexuelles à plusieurs reprises. Une femme a subi plusieurs viols par semaine pendant un mois après qu'un soldat russe s'est installé chez elle à Zaporijjia, dans le sud de l'Ukraine. Ces témoignages illustrent l'ampleur des violences, mais le rapport souligne que le nombre réel de cas est probablement bien plus élevé, car les enquêteurs n'ont pu interroger qu'environ 10 % des prisonniers libérés et n'ont pas eu accès aux territoires occupés par la Russie.

Réactions internationales

Volker Türk, Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, a exprimé son alarmation face à la prévalence de ces actes et craint qu'ils ne se poursuivent en raison de la violence continue en Ukraine. Il a appelé les deux belligérants, la Russie et l'Ukraine, à enquêter sur toutes les allégations crédibles de violences sexuelles et à traduire les responsables en justice. Le rapport met en lumière la nécessité pour le Kremlin de mettre en place des mesures concrètes pour faire cesser ces crimes, compte tenu de la proportion extrêmement élevée de cas attribués à ses forces.

Ce que ça pourrait changer

Le rapport de l'ONU reconnaît que les cas documentés ne représentent qu'une fraction de la réalité. Les enquêteurs n'ont pu accéder qu'à une petite partie des témoignages disponibles, en raison des difficultés d'accès aux territoires occupés et du faible nombre de prisonniers libérés interrogés. Danielle Bell, cheffe de la Mission de surveillance des droits de l'homme de l'ONU en Ukraine, a souligné que ces violences sont systématiques et organisées, ce qui rend leur documentation encore plus complexe. La guerre en Ukraine, qui a débuté en février 2022, se poursuit toujours en 2026.

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