Guerre en Ukraine: 89% des cas de violences sexuelles documentés ont été commis par les Russes
Le rapport du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme révèle une systématisation des violences sexuelles commises par les forces russes en Ukraine, où 89 % des cas documentés leur sont attribués. Ces actes, ciblant aussi bien des prisonniers que des civils, s'inscrivent dans une stratégie de terreur dont l'ampleur dépasse largement les chiffres officiels, soulignant l'impunité des auteurs et l'urgence d'une réponse internationale.
Quels sont les profils des victimes et des agresseurs identifiés dans ce rapport ?
Les victimes sont majoritairement des prisonniers de guerre, mais des civils, dont des femmes et des enfants, sont également visés, avec des cas extrêmes comme une fillette de 4 ans et une femme de 82 ans. Les agresseurs sont principalement des membres des forces armées, du personnel pénitentiaire et des services de sécurité russes, tandis que l'Ukraine est responsable des 11 % restants, souvent sous forme de menaces.
Quels types de violences sexuelles ont été documentés par l'ONU ?
Le rapport recense des viols, des viols collectifs, des mutilations génitales, des chocs électriques (notamment via le « tapik », un téléphone militaire soviétique), des coups portés aux organes génitaux, ainsi que des actes dégradants à caractère sexuel, parfois commis avec des objets comme des matraques ou des clés de cellule.
Pourquoi le nombre réel de victimes est-il probablement bien supérieur aux 1 000 cas recensés ?
Les enquêteurs n'ont pu interroger qu'environ 10 % des prisonniers libérés et n'ont pas eu accès aux territoires occupés par la Russie, où les violences seraient encore plus fréquentes. Danielle Bell, cheffe de la Mission de surveillance des droits de l'homme de l'ONU, estime que le rapport ne reflète qu'une infime partie de la réalité.
Ce que ça pourrait changer
Ces révélations pourraient intensifier les pressions internationales sur la Russie pour qu'elle rende des comptes, notamment via des sanctions ciblées ou des poursuites devant la Cour pénale internationale. Elles risquent aussi d'aggraver les tensions diplomatiques et de renforcer la détermination de l'Ukraine à obtenir réparation, tout en posant la question de l'efficacité des mécanismes de protection des civils en temps de guerre.

