François Samuelson, Monsieur Dix pour cent 4/5 : Le cinéma
À son retour des États-Unis, il voit le métier d’agent littéraire - représenter et défendre les écrivains français- en France cette fois, comme son salut. Il contacte la plus grosse agence artistique parisienne alors, Artmedia.
François Samuelson entame sa carrière dans le monde artistique en intégrant Artmedia, une importante agence artistique parisienne, à son retour des États-Unis. Il y apprend les rouages du métier d’agent littéraire et artistique pendant plusieurs années, assistant notamment aux réunions hebdomadaires. En 1995, il décide de quitter cette structure pour fonder sa propre entreprise, Intertalent, une « boutique » plus réduite mais entièrement dédiée à la représentation des talents. Ce passage marque un tournant dans sa carrière, lui permettant de développer une approche plus personnelle et ciblée du métier. Samuelson y découvre un univers où les relations humaines et la négociation jouent un rôle central, bien au-delà des simples aspects commerciaux.
En 1995, une jeune actrice nommée Juliette Binoche, alors inconnue du grand public, contacte François Samuelson pour le représenter et tenter une percée aux États-Unis. Elle vient de terminer le tournage des Amants du Pont Neuf de Leos Carax. Samuelson accepte de l’accompagner dans cette aventure. Moins de deux ans plus tard, Juliette Binoche remporte l’Oscar de la meilleure actrice pour son rôle dans Le Patient anglais. Cette consécration transforme radicalement sa carrière et celle de Samuelson, qui devient dès lors un agent recherché. L’agent littéraire et artistique passe ainsi du statut d’inconnu à celui de figure incontournable du cinéma français et international.
Après le succès de Juliette Binoche, François Samuelson attire une clientèle d’acteurs et d’actrices de renom. Parmi eux figurent Isabelle Adjani, Sandrine Bonnaire, Carole Bouquet, Gérard Lanvin et Benoît Magimel. Ces collaborations renforcent sa réputation et en font l’un des agents les plus influents du secteur. Samuelson ne se limite pas aux comédiens : il représente également des scénaristes, des metteurs en scène et des réalisateurs, qu’il qualifie d’écrivains de l’écran. Cette diversité de profils illustre son approche holistique du cinéma, où chaque talent est considéré comme un artiste à part entière. Il accompagne notamment des figures majeures comme Alain Resnais ou Michael Haneke, dont il partage la vision artistique.
Au fil des années, François Samuelson réduit progressivement la place des comédiens et comédiennes dans son catalogue pour revenir à ses premières amours : la littérature. Cette évolution reflète un choix personnel et professionnel, marqué par une volonté de se recentrer sur des projets plus intimistes ou conceptuels. Samuelson considère que les écrivains, tout comme les réalisateurs qu’il a accompagnés, méritent une attention particulière en tant que créateurs à part entière. Cette transition montre une forme de maturation dans sa carrière, où l’agent artistique devient également un passeur de talents entre les arts visuels et la littérature.
Le parcours de François Samuelson est marqué par une grande diversité d’expériences. Né à Alexandrie, il grandit dans un contexte multiculturel avant de s’installer en France. Ses années de militantisme gauchiste dans les années 1970 et son séjour aux États-Unis, où il travaille au Bureau du Livre Français à New York entre 1982 et 1987, ont façonné sa vision du monde et de l’art. Ces différentes étapes de sa vie lui ont permis de développer une sensibilité unique, à la croisée des cultures française, américaine et méditerranéenne. Son parcours illustre comment des expériences personnelles et professionnelles variées peuvent converger vers une carrière aussi riche que celle d’un agent artistique.

