La Maison-Blanche retire son clone xénophobe de Tetris
La semaine dernière, la Maison-Blanche de Donald Trump mettait en ligne des jeux rétro à caractère xénophobe. Ces jeux sont des pastiches de titres connus, comme Flappy Bird, Snake, ou encore Tetris – ce dernier n’est pas resté longtemps : la Tetris Company en a obtenu le retrait.
En septembre 2026, la Maison-Blanche, sous l'administration Trump, a publié une série de jeux en ligne sur son site officiel. Ces jeux, inspirés des tendances du pixel art et du rétro, visaient à promouvoir des politiques publiques comme l'épargne pour les enfants, la suppression des produits ultra-transformés dans les cantines scolaires ou encore la gestion d'un aigle symbolique au-dessus du National Mall à Washington. L'un de ces jeux s'inspirait de Flappy Bird, un jeu mobile populaire où le joueur contrôle un oiseau évitant des obstacles. Ces initiatives s'inscrivaient dans une stratégie de communication mêlant divertissement et propagande politique, en utilisant des formats ludiques pour toucher un public large, notamment les jeunes générations habituées aux jeux vidéo.
Parmi les jeux publiés, deux d'entre eux ont attiré l'attention pour leur contenu controversé et xénophobe. Le premier, inspiré du jeu Serpent (un classique du téléphone Nokia 3310), proposait de patrouiller le long du Rio Grande, une rivière formant une partie de la frontière entre les États-Unis et le Mexique, pour intercepter des migrants tentant de traverser illégalement. Le second jeu, intitulé Build the Wall (en référence à la promesse politique de Donald Trump de construire un mur à la frontière mexicaine), reprenait les mécanismes du jeu Tetris : des blocs (appelés tetrominos) s'empilaient sans jamais disparaître, même en formant des lignes complètes, symbolisant l'impossibilité de résoudre le problème migratoire. Ces jeux reflétaient une rhétorique anti-immigration, centrale dans la politique de l'administration Trump.
La Tetris Company, l'entreprise détenue par Alexey Pajitnov (créateur du jeu Tetris) et Henk Rogers, a réagi vivement à la publication du clone Build the Wall. Dans un communiqué publié sur Instagram le 4 septembre 2026, elle a affirmé ne pas être associée à ce jeu et a rappelé que Tetris incarne des valeurs de lien social et de rassemblement, en opposition à la division prônée par le jeu de la Maison-Blanche. La société a également menacé de poursuivre pour violation de droits d'auteur, une stratégie qui a porté ses fruits : le jeu a été retiré du site officiel de la Maison-Blanche peu après. Aucune autre entreprise de jeux vidéo (comme Sega, Nintendo, ou Xbox) n'a réagi publiquement à l'utilisation de leurs licences par l'administration.
L'utilisation de l'imagerie des jeux vidéo et des films à des fins politiques n'est pas nouvelle pour l'administration Trump. En mars 2026, le compte officiel de la Maison-Blanche sur X (ex-Twitter) avait partagé une vidéo célébrant les bombardements américains en Iran. Cette vidéo combinait des extraits d'animes, de jeux vidéo et de films, avec une voix off rappelant celle de Steve Downes, la voix originale de Master Chief dans la série Halo. Downes a immédiatement réagi en exigeant le retrait de sa voix, qualifiant la vidéo de « propagande guerrière répugnante et puérile ». Aucune réponse officielle n'a été apportée à sa demande. Ces initiatives illustrent une stratégie de communication utilisant des références culturelles populaires pour diffuser des messages politiques, parfois controversés.
Sous la pression de la *Tetris Company* et des critiques suscitées par la publication des jeux xénophobes, la Maison-Blanche a discrètement retiré le clone *Build the Wall* de son site officiel. Les autres jeux de la série restent accessibles. Cet épisode met en lumière les limites de l'utilisation détournée de licences culturelles pour servir une propagande politique, notamment lorsque les détenteurs des droits d'auteur s'opposent publiquement à ces détournements. Il souligne également l'importance des droits de propriété intellectuelle, qui peuvent servir de levier pour faire cesser des usages non autorisés, même par des institutions gouvernementales.

