125, rue des malaises : faire rire avec l’aide médicale à mourir
À qui appartient une vie? C'est la question que pose ce film mettant en vedette Rémy Girard..
Le film 125, rue des malaises, réalisé par Louis Bélanger, aborde le sujet de l’aide médicale à mourir (AMM) à travers le registre de la comédie. L’AMM est une procédure légale au Québec qui permet à une personne adulte, en fin de vie ou souffrant d’une maladie grave et incurable, de demander à un médecin de mettre fin à ses jours de manière médicale et encadrée. Dans ce film, Laurent Perrier, interprété par Rémy Girard, est un homme âgé qui n’est ni malade ni déprimé, mais qui souhaite recourir à l’AMM pour éviter de devenir un fardeau pour ses proches en vieillissant. Le film explore ainsi les enjeux éthiques et émotionnels liés à cette décision, tout en utilisant l’humour pour aborder un sujet sérieux. Sorti en salle le 16 juillet 2026, le film est une dramédie, mélangeant drame et comédie, et met en scène une distribution prestigieuse incluant Geneviève Schmidt, Pier-Luc Funk, Claude Legault et Guylaine Tremblay.
L’histoire se déroule sur une seule journée dans un huis clos, c’est-à-dire un espace restreint où les personnages sont confinés, ici le chalet de Laurent Perrier. Ce dernier annonce à sa fille Marie-Claude et à son ami Martin, avec qui il partage une amitié de 22 ans, qu’il a décidé de recourir à l’AMM. Marie-Claude réagit avec douleur, se sentant abandonnée, tandis que Martin, marqué par des expériences passées de souffrance, ne comprend pas cette décision. La situation se complique lorsque Jacob, un fils de Laurent qu’il n’a pas vu grandir, arrive au chalet. Ce dernier ignorait l’existence de son demi-frère. Le film interroge les dynamiques familiales, notamment la jalousie autour de l’héritage du chalet, et explore les tensions entre les personnages. Le réalisateur Louis Bélanger souligne que l’humour est une façon de faire face aux moments difficiles, tout en soulignant que le sujet reste sérieux et d’actualité.
Le film soulève une question centrale : à qui appartient une vie ? Denise Robert, productrice du film et également à l’origine de Les invasions barbares (2003), interroge les fondements de cette décision. Elle se demande si la vie appartient à Dieu, aux institutions religieuses, aux politiciens, à la famille ou à l’individu lui-même. Pour elle, la société québécoise évite souvent d’aborder ces questions, alors que la mort fait partie intégrante de la vie. Le film pousse ainsi à une réflexion collective sur le droit à l’autodétermination, notamment dans le cadre de l’AMM, où une personne en bonne santé relative peut choisir de mettre fin à ses jours. Cette question est particulièrement pertinente au Québec, où l’AMM est légale depuis 2015, mais reste un sujet de débat social.
Le film se distingue par son processus de création innovant. Louis Bélanger, le réalisateur, a accordé une grande liberté d’improvisation à ses acteurs. Bien que l’intrigue et les grandes lignes des scènes étaient définies, les dialogues ont été construits en temps réel par les comédiens. Cette méthode, inspirée par les 12 années passées par Pier-Luc Funk à la Ligue nationale d’improvisation, a donné au film une dynamique particulière. Rémy Girard, qui incarne Laurent, a décrit cette approche comme à la fois intimidante et enrichissante, permettant une spontanéité qui apporte une saveur unique au film. Cette technique a permis aux personnages d’exprimer des vérités difficiles avec humour et authenticité, tout en maintenant une cohérence narrative.
Le film s’inscrit dans une exploration plus large des dynamiques familiales, un thème récurrent dans l’œuvre de Louis Bélanger, notamment dans Gaz Bar Blues (2003). Le réalisateur considère la famille comme un terrain fertile pour observer les relations humaines et les tensions qui en découlent. Dans 125, rue des malaises, les conflits autour de l’héritage du chalet et les non-dits entre les personnages illustrent cette complexité. Laurent tente de construire un lien avec son fils Jacob avant sa mort, mais cette initiative révèle des rivalités et des incompréhensions au sein de la famille. Le film dépeint une famille « un peu gauloise », c’est-à-dire maladroite dans ses relations, mais profondément humaine, ce qui rend les spectateurs capables de s’identifier à ces situations.
Le film *125, rue des malaises* est sorti en salles au Québec le 16 juillet 2026. Il est porté par une distribution composée d’acteurs renommés, dont Rémy Girard dans le rôle principal de Laurent Perrier, Geneviève Schmidt dans celui de Marie-Claude, Pier-Luc Funk en Jacob, et Claude Legault et Guylaine Tremblay dans des rôles secondaires. Le film est produit par Denise Robert, une figure majeure du cinéma québécois, connue pour avoir produit des œuvres comme *Les invasions barbares*. Le titre fait référence à une adresse fictive, symbolisant un lieu de rencontre et de confrontation pour les personnages. La sortie du film coïncide avec une période où les débats sur l’AMM sont particulièrement actuels au Québec, ce qui pourrait renforcer son impact auprès du public.

