Dans les Cévennes, une randonnée dans les pas de Stevenson au rythme des ânes
VOYAGE EN FRANCE 6/8. Pour le “Financial Times”, la romancière britannique Annabel Abbs-Streets retrace son périple dans cette région montagneuse du sud de la France.
En 2026, l’écrivaine britannique Annabel Abbs-Streets et son mari ont reproduit un voyage célèbre réalisé en 1878 par l’écrivain écossais Robert Louis Stevenson. Ce dernier avait traversé les Cévennes, une région montagneuse du sud de la France, accompagné d’un âne nommé Modestine. Leur parcours de dix jours suivait les traces de Stevenson, en empruntant notamment le GR70, un sentier de randonnée long de 270 kilomètres reliant Le Puy-en-Velay à Alès. Stevenson avait consigné cette expérience dans son livre Voyage avec un âne dans les Cévennes, publié en 1879 (en français en 1925). Cette randonnée, à la fois littéraire et sportive, mêle aventure, découverte du patrimoine et immersion dans les paysages cévenols.
Stevenson avait emporté un équipement particulièrement encombrant pour son époque : un sac de couchage sur mesure en bâche verte imperméable à l’extérieur et en fourrure de mouton bleue à l’intérieur, acheté 80 francs (soit environ 12 euros actuels) et deux verres de bière. Le poids et le volume de ce sac l’ont contraint à acheter un âne pour 65 francs (environ 10 euros actuels) et un verre de brandy, qu’il a baptisé Modestine. L’écrivaine Annabel Abbs-Streets, en comparant son propre équipement à celui de Stevenson, souligne que ses bagages étaient bien moins lourds, même si elle emportait tout de même des vêtements de rechange, des livres, une couverture de voyage, des provisions alimentaires (chocolat, saucisses, gigot froid, pain bis et blanc) et une bouteille de beaujolais. Ces détails illustrent l’évolution des pratiques de voyage entre le XIXe siècle et aujourd’hui.
Annabel Abbs-Streets et son mari ont effectué cette randonnée en couple, une expérience qu’ils ont choisie pour partager des moments intimes et une aventure sportive. Leur périple de dix jours dans les Cévennes leur a permis de découvrir les paysages, la culture locale et l’histoire de la région, tout en suivant les pas d’un écrivain emblématique. Cette immersion dans un cadre naturel préservé, avec le rythme lent imposé par la présence d’un âne, a transformé leur voyage en une expérience à la fois physique et contemplative. L’article souligne comment cette randonnée, à la fois littéraire et personnelle, offre une parenthèse hors du temps.
Le GR70, aussi appelé Chemin de Stevenson, est un sentier de grande randonnée qui traverse les Cévennes sur 270 kilomètres. Ce parcours, jalonné de paysages variés (montagnes, gorges, plateaux), est réputé pour sa difficulté modérée à élevée, avec des dénivelés importants. Les randonneurs doivent prévoir plusieurs jours de marche pour le parcourir entièrement, avec des étapes variant entre 15 et 25 kilomètres. La présence d’un âne, comme l’avait fait Stevenson, ajoute une dimension particulière à l’expérience : l’animal porte une partie du matériel, mais impose aussi un rythme plus lent et une gestion rigoureuse des ressources (eau, nourriture, pauses). Ce sentier attire chaque année des milliers de randonneurs, attirés par son histoire littéraire et ses paysages sauvages.
L’article, publié dans le *Financial Times* et traduit par *Courrier international*, met en lumière le lien entre voyage et littérature. Stevenson, en écrivant *Voyage avec un âne dans les Cévennes*, a créé un récit qui dépasse le simple compte-rendu de voyage : il y mêle observations naturalistes, réflexions personnelles et descriptions des paysages cévenols. En suivant ses pas, Annabel Abbs-Streets s’inscrit dans une tradition d’écrivains voyageurs, où l’aventure devient une source d’inspiration. Ce voyage dans les Cévennes, à la fois physique et intellectuel, rappelle que les grands récits de voyage transcendent leur époque pour inspirer les générations futures.

