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Environnement

«Une vraie victoire» : après sept ans d’alertes, la France réduit enfin les niveaux de cadmium autorisés dans les engrais

Vert.eco · mis à jour 2 oct.

Sept ans après les premières alertes de l’agence sanitaire française sur la surexposition des Français·es à ce métal lourd, toxique, qui contamine les sols via les engrais phosphatés, le gouvernement agit enfin. De nouvelles limites à la présence de cadmium dans les fertilisants ont été publiées ce vendredi au Journal officiel..

Cadmium dans les sols

Le cadmium est un métal lourd naturellement présent en très faible quantité dans les sols, mais qui devient toxique pour les humains et l’environnement lorsqu’il est présent en excès. Ce métal lourd peut s’accumuler dans les plantes cultivées, puis dans les aliments, notamment ceux issus de l’agriculture intensive. Les engrais phosphatés, utilisés pour enrichir les sols en nutriments essentiels aux plantes, contiennent souvent des traces de cadmium en raison de leur origine géologique. Lorsqu’ils sont épandus sur les champs, ces engrais libèrent progressivement le cadmium dans le sol, où il peut persister pendant des décennies. La contamination des sols par le cadmium représente un risque sanitaire majeur, car ce métal est classé comme cancérigène par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Alertes sanitaires en France

Dès 2017, l’agence sanitaire française, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES), a tiré la sonnette d’alarme sur la surexposition des Français au cadmium. Cette surexposition provient principalement de l’alimentation, notamment des céréales, des légumes et des produits transformés issus de cultures utilisant des engrais phosphatés. L’ANSES a estimé que la consommation moyenne de cadmium par les Français dépassait les seuils recommandés par l’OMS, ce qui pouvait entraîner des risques pour la santé à long terme, comme des problèmes rénaux ou des cancers. Malgré ces alertes répétées, aucune mesure concrète n’avait été prise pendant sept ans pour réduire les niveaux de cadmium dans les engrais.

Nouveaux seuils légaux

Le vendredi 12 juillet 2024, le gouvernement français a publié au Journal officiel de nouvelles limites pour la teneur en cadmium autorisée dans les engrais phosphatés. Ces nouvelles règles, attendues depuis longtemps par les associations de santé publique et les scientifiques, réduisent significativement les seuils maximaux de cadmium dans ces produits. Concrètement, les engrais ne pourront plus contenir plus de 60 milligrammes de cadmium par kilogramme de phosphore, contre 100 mg/kg auparavant. Cette mesure vise à limiter l’accumulation de cadmium dans les sols et, par ricochet, à réduire l’exposition des consommateurs via l’alimentation. Le gouvernement présente cette décision comme une « vraie victoire » pour la santé publique et l’environnement.

Ce que ça pourrait changer

Cette décision intervient après sept ans de pressions exercées par des scientifiques, des associations environnementales et des agences sanitaires comme l’ANSES. Ces acteurs ont souligné l’urgence d’agir face à la contamination croissante des sols français, notamment dans les régions où l’agriculture intensive est répandue. Le cadmium, en s’accumulant dans les sols, menace non seulement la santé humaine mais aussi la biodiversité et la qualité des eaux souterraines. Le gouvernement, sous la pression de ces alertes, a finalement acté ces nouvelles règles, qui entreront en vigueur progressivement. Cette mesure s’inscrit dans une politique plus large de réduction des polluants dans l’agriculture, visant à concilier productivité et préservation de l’environnement.

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