Thélyson Orélien nie avoir eu recours à l’IA, mais avoue des plagiats
« C'est une calomnie et une hérésie », a-t-il affirmé dans un texte envoyé aux médias mardi..
Thélyson Orélien, écrivain canado-haïtien, est accusé d’avoir utilisé l’intelligence artificielle (IA) pour rédiger son roman C’était ça ou mourir, publié en mars 2024 au Québec. Il rejette catégoriquement ces allégations dans un texte intitulé Ce roman que j’ai écrit, affirmant que « aucune phrase » de son livre n’a été créée par une machine. L’auteur précise que des outils d’IA ont pu être utilisés pour des recherches, mais jamais pour générer du texte ou structurer son récit. Il dénonce une « calomnie » et une atteinte à son humanité, soulignant que son œuvre est le fruit de son vécu et de ses émotions. Ces accusations ont déclenché une polémique médiatique et des réactions violentes à son encontre, incluant des menaces et un harcèlement raciste.
Dans son texte, Thélyson Orélien reconnaît avoir commis des plagiats par le passé, notamment dans un récit intitulé Où va le monde, pour lequel il avait remporté un prix en 2012. Il explique avoir été influencé par des auteurs comme Aimé Césaire, Ernest Hemingway ou Gabriel García Márquez, et avoir reproduit des phrases ou des paragraphes sans citer ses sources. Il cite notamment le livre Le Matin des magiciens de Louis Pauwels et Jacques Bergier, dont des passages ont été repris dans son propre texte. Orélien qualifie ces erreurs d’« inacceptables » et présente ses excuses, évoquant une « erreur de jeunesse » liée à son inexpérience et à sa précipitation. Il regrette profondément ces actes et assume pleinement sa responsabilité.
Un logiciel de détection d’IA, nommé Pangram, a analysé le texte de C’était ça ou mourir et conclu que 94 % du contenu aurait été généré par une intelligence artificielle. Cette révélation a alimenté les soupçons autour de l’œuvre. Orélien conteste ces résultats, affirmant que son roman a été écrit entre 2017 et 2019, bien avant l’essor des outils d’IA grand public. Il souligne que son récit est le reflet de son histoire personnelle et de celle des migrants, notamment haïtiens, et qu’il a été rédigé « sur un coin de table à Laval ». Le logiciel a également analysé son texte de réponse, Ce roman que j’ai écrit, et confirmé qu’il avait été entièrement rédigé par un humain.
Thélyson Orélien, âgé de 38 ans, est un auteur exclu du prix Goncourt mais toujours en lice pour le prix Renaudot. Son roman C’était ça ou mourir raconte l’histoire de Jonas Dorléon, un professeur haïtien fuyant la violence de Port-au-Prince pour rejoindre le Canada. Orélien explique que ce personnage existe dans son esprit depuis des années et que son récit s’inspire de son propre vécu et de celui d’autres migrants. Il rejette les accusations selon lesquelles il aurait écrit ce livre pour des raisons de célébrité ou de gains financiers. Les Éditions du Boréal, qui ont publié le roman au Québec, ainsi que Radio-Canada, n’ont pas répondu à ses demandes d’interview. Orélien espère que les lecteurs jugeront son œuvre pour sa valeur littéraire et son message humaniste.
La polémique autour de Thélyson Orélien a pris une ampleur médiatique et personnelle. L’auteur dénonce un « lynchage médiatique » et des attaques racistes subies depuis plusieurs semaines. Il affirme que ces accusations remettent en cause non seulement sa qualité d’écrivain, mais aussi son humanité. Orélien a choisi de s’exprimer après des semaines de silence, espérant que le calme reviendrait. Malgré les controverses, les ventes de son roman se portent bien en France et au Québec. Il insiste sur le fait que son œuvre est un témoignage des blessures de l’exil et de la migration, et qu’elle mérite d’être lue pour son contenu et non pour les débats qu’elle suscite.

