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Des Israéliens de l’étranger doivent dépenser des milliers de dollars pour voter

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 4 j

Environ 630 000 personnes nées ou ayant vécu en Israël vivent ailleurs dans le monde..

Vote des expatriés israéliens

En Israël, les citoyens vivant à l’étranger ne peuvent pas voter par correspondance ou en ligne, contrairement à des pays comme le Canada, les États-Unis ou la France. Pour participer aux élections législatives du 27 octobre 2023, les expatriés doivent se déplacer physiquement jusqu’en Israël, ce qui implique des frais élevés et un voyage long. Par exemple, Sébastien et Ella Levi, un couple vivant à New York depuis une dizaine d’années, prévoient de dépenser des milliers de dollars et de consacrer une dizaine d’heures de vol pour voter. Leur cas illustre les contraintes logistiques et financières imposées aux Israéliens de la diaspora. Cette règle s’applique à tous les expatriés, quel que soit leur lieu de résidence, et vise à garantir la sécurité du scrutin en limitant les risques de fraude.

Enjeux politiques majeurs

Les élections du 27 octobre 2023 sont considérées comme décisives pour l’avenir d’Israël. Elles opposent deux visions politiques : d’un côté, une coalition au pouvoir menée par le premier ministre Benyamin Nétanyahou, soutenue par l’extrême droite et critiquée pour ses projets de réforme judiciaire et ses positions sur l’annexion des territoires palestiniens. De l’autre, une opposition qui craint une dérive vers un régime qualifié de démocratie illibérale (où les institutions démocratiques existent mais sont affaiblies) ou même vers un système influencé par des courants messianiques. Sébastien Levi, un expatrié critique du gouvernement, souligne que ces élections pourraient déterminer si Israël reste une démocratie libérale ou bascule vers un modèle plus autoritaire. Les débats portent notamment sur la sécurité, la paix avec les Palestiniens et la place de la religion dans l’État.

Mobilisation de la diaspora

Face aux contraintes du vote à l’étranger, des organisations comme Aid Coalition et des militants comme Josh Drill tentent de mobiliser les Israéliens de la diaspora. Leur objectif est d’encourager le maximum de personnes à rentrer voter, car selon les sondages, le scrutin s’annonce très serré. Par exemple, l’initiative Fly’n’vote a recensé 33 000 Israéliens intéressés par un retour en Israël pour voter. Josh Drill, étudiant et militant, affirme que même quelques voix peuvent faire la différence dans l’attribution des sièges à la Knesset (le parlement israélien). Cependant, cette mobilisation se heurte à des obstacles logistiques et financiers, ainsi qu’à des résistances politiques, comme en témoigne la tentative du parti Likoud (au pouvoir) de limiter l’influence de ces initiatives.

Débat sur la légitimité

Le gouvernement israélien, représenté par des figures comme le ministre des Communications Shlomo Khari (membre du Likoud), argue que seuls les citoyens vivant en Israël devraient influencer les choix politiques. Cette position a été exprimée publiquement, avec des déclarations comme Je pense que ceux qui vivent au pays devraient influencer son avenir. À l’inverse, les opposants, comme Josh Drill, soulignent que les expatriés subissent aussi les conséquences des décisions politiques, notamment depuis les attentats du Hamas le 7 octobre 2023 et la guerre à Gaza. Selon l’Université de Tel-Aviv, environ 270 000 Israéliens ont quitté le pays depuis ces événements, en partie à cause des politiques gouvernementales. Les expatriés comme Ella Levi, qui évite de parler hébreu en public par crainte de représailles, illustrent ces impacts indirects.

Perspectives post-attentats

Les élections d’octobre 2023 se déroulent dans un contexte marqué par les attentats du Hamas le 7 octobre 2023 et la guerre qui a suivi à Gaza. Ces événements ont profondément modifié le paysage politique israélien. Lior Paster, un expatrié soutenant la coalition de Nétanyahou, estime que la majorité des Israéliens, y compris ceux de la diaspora, partagent désormais la vision d’un gouvernement fort et sécuritaire. Il affirme que la seule manière de maintenir la sécurité de l’État d’Israël est d’être alerte et de répondre avec force, et que les attentats ont éloigné l’idée d’une négociation avec les Palestiniens. Cette position reflète un basculement vers des priorités sécuritaires, même parmi les expatriés.

Ce que ça pourrait changer

Malgré les efforts de mobilisation, l’impact réel des expatriés sur le résultat des élections reste incertain. Sébastien Levi, qui se rendra en Israël pour voter, résume cette incertitude en déclarant *Moi, j’aurai fait mon devoir*, tout en reconnaissant que le scrutin est si serré que chaque voix pourrait compter. Les deux camps s’accordent sur un point : ces élections sont parmi les plus importantes depuis 1948, année de la création de l’État d’Israël. Leur issue pourrait redéfinir la nature même du pays, entre démocratie libérale et modèle plus autoritaire, et déterminer la politique future en matière de sécurité, de paix et de relations avec les Palestiniens.

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