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Société

Le prochain Covid est-il déjà parmi nous? Les scientifiques savent désormais mieux repérer les virus à risque

Slate FR · mis à jour il y a 25 j

Une équipe de chercheurs a retracé l'histoire des virus pour identifier les caractéristiques communes à ceux qui finissent par déclencher des pandémies. De quoi mieux anticiper la prochaine menace mondiale..

Virus et pandémies

Les virus sont des micro-organismes invisibles à l'œil nu qui peuvent infecter les humains, les animaux ou les plantes. Certains virus, comme le VIH-1 (découvert en 1983) ou le SARS-CoV-2 (responsable du Covid-19 en 2020), ont provoqué des pandémies dévastatrices, causant chacune des dizaines de millions de morts. D'autres virus, en revanche, apparaissent puis disparaissent sans laisser de trace. Les pandémies récentes sont principalement causées par des virus dont le génome est constitué d'ARN, une molécule proche de l'ADN mais plus instable. Cette instabilité permet aux virus de muter rapidement et de s'adapter à de nouveaux hôtes, comme l'être humain. Sur les millions d'espèces de virus à ARN existantes, seules 239 infectent actuellement les humains par contact physique, généralement via l'inhalation de particules en suspension dans l'air, l'exposition au sang ou aux matières fécales, ou encore par des piqûres de moustiques ou de tiques.

Virus à risque

Tous les virus ne présentent pas le même risque de provoquer une pandémie. Environ deux tiers des virus recensés ne se transmettent pas d'une personne à une autre, ce qui limite fortement leur propagation. Ces virus, appelés zoonotiques, sont contractés par les humains au contact d'animaux, comme dans le cas de la rage. Cependant, certains virus zoonotiques peuvent évoluer et acquérir la capacité de se transmettre entre humains, comme cela inquiète les scientifiques concernant la grippe aviaire. Un autre danger réside dans les virus qui passent directement de l'animal à l'humain tout en étant déjà capables de se propager entre personnes. Enfin, certains virus se transmettent bien entre humains, mais leur taux de reproduction reste faible, limitant la taille des épidémies, comme ce fut le cas pour Ebola, Zika ou Oropouche. Ces virus peuvent cependant devenir plus dangereux s'ils atteignent des zones urbaines densément peuplées.

Détection des menaces

Une équipe de chercheurs de l'Université d'Édimbourg a étudié l'histoire des virus pour identifier les caractéristiques communes à ceux qui finissent par déclencher des pandémies. Leur travail a permis de prédire plusieurs urgences sanitaires, comme le chikungunya, Zika, le virus Oropouche et la variole du singe, qui ont tous provoqué des épidémies majeures depuis. En 2019, une étude avait montré que les virus très contagieux sont souvent étroitement apparentés à d'autres virus déjà capables de se propager entre humains, tout en émergeant indépendamment à partir du règne animal. Cette description correspond parfaitement au SARS-CoV-2, qui est très proche du coronavirus responsable du SRAS, mais qui a été transmis à l'humain de manière indépendante, probablement via des chauves-souris. Les chercheurs soulignent l'importance de détecter et de comprendre plus rapidement l'apparition de nouveaux virus pour limiter leur propagation.

Ce que ça pourrait changer

En 2018, l'**Organisation mondiale de la santé (OMS)** avait alerté sur un coronavirus de type SRAS, correspondant exactement au profil des virus à risque identifié par les chercheurs. À l'inverse, d'autres virus comme le virus Andes ou le virus Ebola Bundibugyo ne présentent pas, à ce jour, les caractéristiques nécessaires pour déclencher une pandémie mondiale. Cependant, ces deux virus circulaient déjà depuis plusieurs semaines avant d'être détectés, tout comme le Covid-19. Cette détection tardive a donné un avantage aux virus pour se propager. Les scientifiques estiment que détecter plus rapidement les nouveaux virus permettrait de mieux contrôler leur expansion et d'éviter une prochaine pandémie. Un scénario particulièrement inquiétant serait l'émergence d'un virus apparenté à la rougeole, dont la contagiosité élevée pourrait entraîner une urgence sanitaire mondiale encore plus grave que le Covid-19.

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