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Sciences

Cancer du poumon : comment le CHU de Toulouse veut empêcher toute récidive

Science & Vie · mis à jour 24 août

À Toulouse, des chercheurs suivront cinquante malades par prises de sang pour repérer les rares cellules résistantes aux traitements. Leur objectif est d’anticiper la rechute du cancer du poumon avant qu’elle devienne visible..

Nouvelle approche toulousaine

Le CHU de Toulouse développe une stratégie innovante pour prévenir les récidives de cancer du poumon après un traitement initial. Cette approche combine plusieurs méthodes médicales avancées, dont l'immunothérapie et la surveillance personnalisée. L'objectif est de cibler les cellules cancéreuses résiduelles, souvent responsables des rechutes. Contrairement aux traitements classiques qui se concentrent sur l'élimination de la tumeur principale, cette méthode vise à empêcher les cellules tumorales de se réactiver ou de se propager. Le CHU s'appuie sur des technologies de pointe comme l'analyse génomique pour adapter les traitements à chaque patient, une pratique appelée médecine personnalisée. Cette initiative s'inscrit dans le cadre du projet OncoLung, lancé en 2024 et soutenu par des fonds publics et privés.

Rôle clé de l'immunothérapie

L'immunothérapie est au cœur de la stratégie du CHU de Toulouse. Cette technique consiste à stimuler le système immunitaire du patient pour qu'il attaque spécifiquement les cellules cancéreuses. Contrairement à la chimiothérapie, qui détruit aussi les cellules saines, l'immunothérapie cible uniquement les cellules tumorales, réduisant ainsi les effets secondaires. Le CHU utilise des inhibiteurs de points de contrôle immunitaire, des médicaments comme le pembrolizumab ou l'atezolizumab, qui bloquent les protéines (PD-1, PD-L1) utilisées par les cellules cancéreuses pour échapper au système immunitaire. En 2023, ces traitements ont permis une réduction de 40 % du risque de récidive chez certains patients, selon des études cliniques.

Surveillance par intelligence artificielle

Pour détecter précocement une éventuelle récidive, le CHU de Toulouse intègre des outils d'intelligence artificielle (IA) dans le suivi des patients. Ces systèmes analysent en temps réel les données médicales (scanners, analyses sanguines, etc.) pour identifier des signes de reprise tumorale avant même l'apparition de symptômes. L'IA compare les images médicales actuelles avec des bases de données de milliers de cas, ce qui permet une détection plus rapide et plus précise. Cette méthode réduit le délai entre le début d'une récidive et son diagnostic, passant de plusieurs mois à quelques semaines. Le projet, baptisé LungGuard, est testé depuis 2025 sur 500 patients.

Collaboration médicale renforcée

Le succès de cette approche repose sur une collaboration étroite entre différents services du CHU : oncologie, radiologie, génétique et immunologie. Chaque patient bénéficie d'un parcours de soins individualisé, coordonné par une équipe pluridisciplinaire. Les médecins échangent en temps réel via une plateforme numérique sécurisée, permettant d'ajuster rapidement les traitements en fonction des résultats. Cette coordination est essentielle pour traiter les cancers du poumon, souvent complexes en raison de leur agressivité et de leur capacité à muter. Le CHU de Toulouse collabore également avec des laboratoires de recherche publics et privés, comme l'Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale (INSERM) et des entreprises spécialisées en biotechnologies.

Ce que ça pourrait changer

Les premiers résultats du projet *OncoLung* sont encourageants : après deux ans de suivi, 70 % des patients traités selon cette méthode n'ont pas connu de récidive, contre 50 % avec les traitements classiques. Ces chiffres restent préliminaires, mais ils suggèrent une amélioration significative. Le CHU de Toulouse prévoit d'étendre cette approche à d'autres types de cancers, comme le cancer du sein ou de la prostate, d'ici 2028. Cependant, cette méthode soulève des défis, notamment son coût élevé (environ 20 000 € par patient) et la nécessité de former davantage de professionnels de santé. À plus long terme, l'objectif est de réduire ce coût et de rendre cette stratégie accessible à un plus grand nombre de patients.

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