Ils cherchaient où installer des éoliennes, ils tombent sur une épave antique vieille de 2 400 ans et sa cargaison au large de l'Italie
Une épave antique vient de refaire surface au large de la Calabre, dans le sud de l'Italie. Des ingénieurs l'ont repérée en préparant un futur parc éolien en mer.
Des équipes d'ingénieurs réalisaient une étude pour déterminer l'emplacement optimal d'éoliennes en mer au large des côtes italiennes. Cette phase préliminaire, essentielle avant toute construction, consiste à analyser les fonds marins pour évaluer la stabilité des sols, les courants et les impacts environnementaux. Les éoliennes offshore, installées en mer, permettent de capter l'énergie du vent avec moins de contraintes que sur terre, mais leur installation nécessite des études géologiques et environnementales approfondies pour éviter tout risque de dommages aux écosystèmes ou aux infrastructures existantes.
Lors de ces analyses, les sonars et robots sous-marins ont détecté une anomalie à environ 30 mètres de profondeur. Après investigation, il s'est avéré qu'il s'agissait d'une épave antique datant de 2 400 ans, soit vers 400 avant J.-C. Cette découverte a immédiatement interrompu les travaux d'évaluation pour l'éolien, car les sites archéologiques sous-marins sont protégés par la loi italienne et internationale. Les autorités locales ont été alertées pour organiser une fouille archéologique avant toute reprise des activités.
L'épave contenait une cargaison de plus de 2 000 amphores, ces grands récipients en terre cuite utilisés dans l'Antiquité pour transporter des denrées comme le vin, l'huile ou les céréales. Ces objets, bien conservés malgré les siècles passés sous l'eau, fournissent des indices précieux sur les routes commerciales de l'époque. Les amphores pourraient provenir de différentes régions méditerranéennes, révélant les échanges économiques entre la Grèce, l'Italie et d'autres civilisations de l'époque.
Cette épave est considérée comme l'une des plus anciennes découvertes en Méditerranée occidentale pour cette période. Elle offre une fenêtre sur la vie maritime il y a 2 400 ans, une époque où les civilisations grecques et étrusques dominaient la région. Les artefacts récupérés, dont certains pourraient être en métal ou en verre, permettront aux archéologues de mieux comprendre les techniques de construction navale, les pratiques commerciales et les modes de vie de ces sociétés anciennes.
Conformément à la loi italienne, l'épave et son contenu sont désormais sous la protection des autorités archéologiques. Une équipe d'archéologues sous-marins a été mobilisée pour documenter et récupérer les artefacts de manière méthodique. Cette opération, qui peut prendre plusieurs mois, vise à préserver l'intégrité du site et à éviter le pillage. Les données recueillies seront ensuite analysées en laboratoire pour reconstituer l'histoire de ce navire et de sa cargaison.
La découverte a entraîné un report des travaux d'installation des éoliennes dans cette zone. Les autorités italiennes évalueront désormais si le site peut être réutilisé pour des projets énergétiques ou s'il doit être classé comme zone protégée. Cette situation illustre les défis croissants liés à la cohabitation entre développement industriel et préservation du patrimoine archéologique, surtout dans des régions comme la Méditerranée, riche en histoire.

