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Culture

Himalaya, quand le toit du monde s'effondre : Au Népal

France Culture - Savoirs · mis à jour il y a 5 j

Les catastrophes naturelles se font de plus en plus nombreuses et violentes au Népal. Entre réchauffement climatique et choix de développement territoriaux, la population vivant en haute altitude est aujourd'hui contrainte à repenser ses modes d'existence..

Catastrophe du 26 août

Le 26 août 2026, une catastrophe naturelle majeure a frappé le Népal. À 8h40 heure locale, un morceau de glacier s’est détaché de la montagne de Langtang en haute altitude. Ce phénomène, appelé glissement de terrain, a provoqué une coulée de boue dévastatrice composée d’eau, de roches, de terre et de débris. La vague s’est engouffrée dans les vallées himalayennes, notamment celle de la Trishuli et au niveau du poste frontière entre le Népal et le Tibet. En trois semaines, le bilan s’élève à 1 428 morts et 5 649 disparus, créant une crise humanitaire sans précédent. Les secours peinent encore à accéder aux zones sinistrées, rendant les opérations de sauvetage et d’évaluation très difficiles.

Rôle du climat

Le réchauffement climatique est un facteur clé de cette catastrophe. L’Himalaya, comme d’autres régions du monde, subit une augmentation des températures plus rapide que la moyenne mondiale. Ce phénomène accélère la fonte des glaciers et fragilise les sols, rendant les glissements de terrain plus fréquents et plus violents. Les vallées himalayennes, déjà vulnérables en raison de leur topographie, deviennent ainsi des zones à haut risque. Les populations locales, dont les modes de vie dépendent largement de l’agriculture, voient leurs conditions de vie profondément modifiées par ces changements climatiques.

Aménagement du territoire

Le développement territorial du Népal joue un rôle aggravant dans cette vulnérabilité. La construction de routes dans les vallées himalayennes incite les habitants à s’installer le long de ces axes, souvent dans des zones basses et exposées aux inondations et glissements de terrain. Ces choix d’aménagement, combinés au réchauffement climatique, augmentent les risques pour les populations. Par exemple, la vallée de la Trishuli, touchée par la catastrophe, est une zone où les habitations se concentrent près des routes, malgré les dangers encourus.

Impact sur les populations

Les populations vivant en haute altitude, notamment les agriculteurs, sont directement affectées par ces changements. Leur mode de vie traditionnel, basé sur l’agriculture et l’élevage, est perturbé par des conditions climatiques de plus en plus imprévisibles. Par exemple, dans le district de Manang, une région agro-pastorale, l’élevage de yacks, essentiel pour les habitants, est menacé par la dégradation des pâturages due au réchauffement climatique. Les bergers doivent adapter leurs pratiques, ce qui n’est pas toujours possible sans soutien extérieur.

Changement des perceptions

Les catastrophes naturelles au Népal ne sont pas nouvelles, mais leur fréquence et leur intensité augmentent. Historiquement, les populations attribuaient ces événements à des divinités territoriales, considérées comme responsables des aléas climatiques. Aujourd’hui, cette perception évolue : les habitants cherchent désormais des responsables politiques, notamment face à l’incapacité des autorités à gérer ces crises. Cette évolution reflète un changement dans la relation entre les populations et les risques naturels, ainsi qu’une remise en question des choix de développement.

Contexte politique

Le pouvoir népalais, déjà fragilisé par des manifestations dites Gen Z en septembre 2025, peine à faire face aux conséquences du réchauffement climatique. Bien que le Népal ne soit pas le principal responsable des émissions mondiales de gaz à effet de serre, il subit de plein fouet les effets du changement climatique. Les autorités doivent désormais gérer une crise humanitaire majeure tout en répondant aux attentes d’une population de plus en plus consciente des enjeux environnementaux et de ses propres vulnérabilités.

Ce que ça pourrait changer

Face à cette situation, les populations locales et les chercheurs, comme Blandine Ripert (ethno-géographe) et Théophile Johnson (anthropologue et berger), soulignent l’urgence d’adapter les modes de vie aux nouvelles réalités climatiques. Les solutions pourraient inclure une meilleure planification de l’aménagement du territoire, des politiques agricoles résilientes et une prise de conscience collective des risques. Cependant, ces adaptations nécessitent des moyens financiers et humains importants, ainsi qu’une volonté politique forte pour protéger les populations les plus vulnérables.

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