À Londres, la zone à ultra-faible émission soulage les poumons des enfants
Une étude publiée dans la revue “The Lancet” relève une amélioration des capacités pulmonaires des écoliers de la capitale britannique depuis l’exclusion des voitures les plus polluantes de la ville, en 2019..
En 2019, Londres a instauré une zone à ultra-faible émission (Ulez), une aire géographique où seuls les véhicules les moins polluants sont autorisés à circuler. Cette mesure vise à réduire la pollution atmosphérique dans la capitale britannique. En 2023, la zone a été étendue à l'ensemble du Grand Londres. L'Ulez impose aux conducteurs de voitures polluantes de payer une taxe de 12,5 £ par jour pour entrer dans cette zone. Cette politique a suscité des débats, notamment sur son impact économique pour les ménages modestes et les petits commerçants.
Une étude menée par l'université Queen Mary de Londres, publiée dans la revue The Lancet, a analysé la santé pulmonaire de 3 200 écoliers londoniens entre 2018 et 2022. Les chercheurs ont comparé ces enfants à un groupe témoin de 3 200 enfants vivant à Luton, une ville voisine sans Ulez. L'objectif était d'évaluer l'impact de la réduction de la pollution sur le développement pulmonaire des enfants. Les résultats ont montré une amélioration significative de la capacité pulmonaire des enfants londoniens après la mise en place de l'Ulez.
L'étude a révélé une réduction de l'exposition des enfants londoniens au dioxyde d'azote, un gaz polluant émis principalement par les pots d'échappement des véhicules. Cette exposition a diminué deux fois plus vite chez les enfants de Londres que chez ceux de Luton. Le dioxyde d'azote est un polluant qui irrite les voies respiratoires et peut aggraver des maladies comme l'asthme ou les bronchites. Les chercheurs ont également noté une baisse de 14 % à 9 % de la proportion d'enfants londoniens présentant des capacités pulmonaires altérées en quatre ans.
Avant l'instauration de l'Ulez, les poumons des enfants londoniens étaient en moyenne plus petits que ceux des enfants de Luton. Quatre ans après le lancement de la zone, les tailles pulmonaires des deux groupes étaient similaires. Les chercheurs ont observé un meilleur développement pulmonaire chez les enfants londoniens, ce qui réduit les risques de problèmes respiratoires et de maladies cardiovasculaires à l'âge adulte. Ces résultats ont surpris les scientifiques, dont certains, comme Stephen Burgess de l'université de Cambridge, s'attendaient à des effets moins marqués.
La mise en place de l'Ulez a été controversée. Ses opposants, notamment des médias conservateurs comme *The Daily Telegraph*, ont critiqué la taxe de 12,5 £ par jour, estimant qu'elle pénalisait les habitants de la périphérie et les ménages modestes. Cependant, le maire de Londres, Sadiq Khan (travailliste), défend cette mesure en soulignant ses bénéfices pour la santé des enfants. Il affirme que l'étude prouve que l'Ulez a permis à tous les enfants de la ville de grandir dans un air plus propre, malgré les contestations.

