La progression russe en Ukraine est au plus bas depuis près de trois ans
L’absence de succès majeurs pourrait conduire Poutine à une nouvelle escalade. L’article La progression russe en Ukraine est au plus bas depuis près de trois ans est apparu en premier sur Le Grand Continent..
En août 2026, l'armée russe n'a progressé que de 5 km² en Ukraine, soit une moyenne de 0,16 km² par jour. Il s'agit de la plus faible avancée territoriale enregistrée depuis octobre 2023, lorsque la Russie avait stoppé sa contre-offensive dans la région de Donetsk. Ces chiffres proviennent du groupe d'analystes ukrainiens DeepState, spécialisé dans le suivi des opérations militaires. Cependant, leur méthodologie peut présenter des limites, car ils dépendent des informations fournies par les autorités ukrainiennes, qui peuvent parfois les retarder pour ne pas compromettre des opérations en cours. Par exemple, en août, DeepState a attendu une communication officielle sur la contre-offensive ukrainienne lancée fin janvier pour mettre à jour ses cartes, créant un léger décalage dans l'évaluation des gains territoriaux.
Depuis début 2024, l'armée russe peine à réaliser des avancées significatives en Ukraine, malgré ses efforts. Plusieurs facteurs expliquent cette situation : l'essoufflement de ses capacités offensives, combiné à une montée en puissance des forces ukrainiennes mieux équipées et entraînées. Les analystes s'accordent sur ce constat, même si les données de DeepState peuvent parfois être imprécises. Parallèlement, l'Ukraine prépare une nouvelle contre-attaque dans la région de Lyman, qui pourrait permettre de reprendre jusqu'à 200 km² de territoire. Cette opération, si elle aboutit, marquerait un tournant dans le conflit en inversant temporairement la dynamique des gains territoriaux.
L'absence de succès militaires pousse le président russe Vladimir Poutine à envisager une nouvelle escalade du conflit. Selon une source proche de lui, il craint que l'échec à prendre le contrôle du Donbass ne menace sa position au pouvoir, déclarant à un proche : « Ils vont me pendre ». Cette pression politique pourrait le conduire à intensifier les opérations militaires. Une visite du directeur de la CIA à Moscou fin août 2026 aurait été perçue par Poutine comme un signe de faiblesse de l'administration Trump, similaire à celle interprétée en novembre 2021 sous Biden. Cette perception pourrait accélérer sa décision de renforcer l'engagement russe sur le front.
Pour tenter de renverser la situation, Moscou pourrait envoyer entre 300 000 et 400 000 soldats supplémentaires en Ukraine, ce qui représenterait une augmentation de 40 à 55 % des effectifs déjà déployés. Cette hausse ne s'accompagnerait pas nécessairement d'une mobilisation générale, mais d'un redéploiement ou d'une augmentation discrète des effectifs. Selon des renseignements ukrainiens, la Russie préparerait également de nouveaux assauts en direction de Kiev et de Tchernihiv, une ville située à environ 50 km de la frontière avec le Bélarus. La dernière offensive russe sur cet axe remonte à 2022, lors de la tentative avortée de renverser le gouvernement ukrainien. Ces préparatifs visent à exploiter d'éventuelles faiblesses dans la défense ukrainienne.

