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Culture

Gynécologie, quand les règles changent 3/4 : Violences gynécologiques

France Culture - Savoirs · mis à jour 30 sept.

Parce qu'il touche au corps et à la sexualité des femmes, le suivi gynécologique expose peut-être davantage aux violences qu'un autre suivi médical. Celles-ci sont dénoncées depuis les années 2010 par des patientes et par des médecins eux-mêmes..

Définition des violences

Les violences gynécologiques et obstétricales désignent des actes, propos ou pratiques exercés par des professionnel·les de santé lors d’un suivi gynécologique ou d’un accouchement. Selon un rapport du Haut Conseil à l’Égalité publié en juin 2018, ces violences s’inscrivent dans une histoire médicale marquée par la volonté de contrôler le corps des femmes. Elles peuvent prendre plusieurs formes : gestes brutaux, remarques humiliantes, examens non consentis ou encore absence d’écoute. Le terme est utilisé internationalement car il reflète une réalité vécue par de nombreuses patientes, bien que certains professionnel·les de santé peinent à l’accepter, comme le souligne Sonia Bisch, présidente de l’association StopVOG. Pour elle, le débat porte moins sur l’adéquation du terme que sur les résistances à reconnaître ces pratiques comme violentes.

Origines historiques

L’histoire des violences gynécologiques remonte à des pratiques médicales controversées, comme celles de James Marion Sims, considéré comme le père de la gynécologie moderne aux États-Unis. En 2018, sa statue a été déboulonnée après des mobilisations dénonçant les expérimentations chirurgicales qu’il a menées sans anesthésie sur des esclaves noires. Élodie Edwards-Grossi, sociologue, explique que ces violences ont contribué à façonner les savoirs médicaux gynécologiques. Ces pratiques illustrent comment le racisme et le sexisme ont structuré la médecine, comme le montre l’enquête Santé pour toustes de l’association Tant que je serai noire (2025).

Résistances médicales

Les professionnel·les de santé ont souvent du mal à reconnaître leur rôle dans ces violences, comme l’explique Amina Yamgnane, gynécologue. Lorsqu’on leur rappelle que leurs actes peuvent être perçus comme violents, le débat devient stérile, car beaucoup estiment ne pas agir avec intention malveillante. Cette résistance s’explique par un manque de formation sur l’écoute et le consentement, ainsi que par des habitudes ancrées dans la pratique médicale. Pourtant, des initiatives émergent pour changer ces dynamiques, comme à la maternité de Brignoles, dans le Var, où les soignant·es questionnent la violence possible du soin et intègrent la détection des violences sexistes et sexuelles lors des consultations gynécologiques.

Changement des pratiques

Face à ces constats, une partie du monde médical s’engage dans une démarche de transformation. À la maternité de Brignoles, les professionnel·les de santé réévaluent leurs pratiques pour les rendre plus respectueuses. Ils intègrent notamment des temps d’échange pour recueillir le consentement des patientes avant tout examen. Cette approche s’inscrit dans une volonté plus large de repenser la relation soignant·e-soigné·e, en mettant l’accent sur l’écoute et la bienveillance. Des associations comme StopVOG, dirigée par Sonia Bisch, jouent un rôle clé dans cette dynamique en documentant ces violences et en sensibilisant les professionnel·les et le grand public.

Rôle des associations

Des associations comme StopVOG, fondée par Sonia Bisch, ou Tant que je serai noire mènent des enquêtes et publient des rapports pour documenter les violences gynécologiques. En juin 2026, StopVOG a publié une enquête nationale sur le consentement en gynécologie, révélant l’ampleur du phénomène. Ces travaux s’appuient sur des témoignages de patientes et visent à faire évoluer les pratiques médicales. Ils sont complétés par des ouvrages comme Le livre noir de la gynécologie de Mélanie Déchalotte (2017) ou Manifeste pour une gynécologie post-patriarcat d’Amina Yamgnane (2026), qui proposent des pistes pour une médecine plus inclusive et respectueuse.

Ce que ça pourrait changer

La prise de conscience des violences gynécologiques ouvre la voie à des réformes structurelles. En 2026, des discussions sont en cours pour intégrer systématiquement la question du consentement dans les formations médicales. Des initiatives comme celle de la maternité de Brignoles montrent que des changements concrets sont possibles. Cependant, des obstacles persistent, notamment en raison de résistances culturelles et institutionnelles. Pour avancer, il est essentiel de poursuivre les recherches, de former les professionnel·les et d’écouter les témoignages des patientes, comme le soulignent les expert·es interrogé·es dans ce documentaire.

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