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SNCF : le gouvernement espagnol qualifie les trains français Ouigo de « parasites »

Presse-Citron · mis à jour 1 sept.

Accusé par le ministre espagnol des Transports de « parasiter » les ateliers de l’acteur national Renfe, Ouigo se retrouve au cœur d’une charge virulente contre la libéralisation ferroviaire. Voici pourquoi..

Conflit autour des trains Ouigo

Le ministre espagnol des Transports, Óscar Puente, a qualifié les trains français Ouigo de « parasites » lors d’un entretien avec l’agence Europa Press. Ouigo est une filiale à 100% de la SNCF, l’entreprise publique française qui gère les trains en France. Le conflit porte sur une décision récente de la Commission nationale des marchés et de la concurrence (CMNC), un régulateur espagnol indépendant. Cette décision oblige l’opérateur ferroviaire historique espagnol, Renfe, à ouvrir ses ateliers de maintenance à Ouigo ainsi qu’à Iryo, une entreprise italienne détenue par Trenitalia. Le ministre critique cette obligation, car elle permet à des entreprises étrangères d’utiliser les infrastructures espagnoles sans y investir elles-mêmes, ce qu’il considère comme une forme de « parasitisme ».

Arguments du ministre espagnol

Óscar Puente a défendu Renfe, l’opérateur ferroviaire espagnol, en expliquant que les entreprises étrangères comme Ouigo ou Iryo n’ont pas leurs propres ateliers en Espagne. Il a proposé deux alternatives pour ces entreprises : soit elles investissent pour construire leurs propres infrastructures, soit elles rapatrient leurs trains dans leur pays d’origine pour la maintenance. Par exemple, Renfe maintient ses trains en France et les rapatrie en Espagne uniquement pour les entretenir. Le ministre a également souligné que ces entreprises étrangères bénéficient du soutien financier de leurs États respectifs, ce qui leur permet d’opérer à perte et de proposer des prix très bas. Selon lui, cette situation a transformé un marché ferroviaire espagnol autrefois rentable en un secteur déficitaire, avec une perte cumulée de 230 millions d’euros par an pour les trois opérateurs (Renfe, Ouigo et Iryo), contre un bénéfice de 150 millions pour Renfe avant l’ouverture à la concurrence.

Critique du modèle de concurrence

Le ministre espagnol remet en cause le modèle d’ouverture des marchés ferroviaires à la concurrence, qu’il qualifie de « trompeur et irréaliste ». Il explique que cette libéralisation a été imposée par des règles européennes, mais qu’elle ne tient pas compte des réalités économiques. Avant l’arrivée de Ouigo et Iryo, Renfe était une entreprise publique rentable, avec un bénéfice annuel de 150 millions d’euros. Ces revenus permettaient à l’État espagnol de financer des services ferroviaires régionaux déficitaires. Aujourd’hui, ces bénéfices ont disparu, et les pertes des opérateurs sont couvertes par les impôts des contribuables. Le ministre dénonce ainsi un système où les entreprises étrangères profitent des infrastructures espagnoles sans contribuer équitablement à leur financement ou à leur développement.

Extension du conflit à d'autres secteurs

Cette polémique ne se limite pas au secteur ferroviaire. Óscar Puente a également critiqué les revendications de Flixbus, une entreprise de bus, qui demande l’ouverture à la concurrence des lignes interurbaines espagnoles de plus de 100 kilomètres. Le ministre s’est aussi affronté publiquement avec Michael O’Leary, PDG de la compagnie aérienne Ryanair, sur la question des redevances aéroportuaires en Espagne. O’Leary avait critiqué la hausse de ces redevances, et Puente lui a répondu de manière directe : « Si tu n’aimes pas nos règles, vole ailleurs ». Ces tensions illustrent une volonté du gouvernement espagnol de protéger ses entreprises nationales face à la concurrence étrangère dans différents secteurs des transports.

Ce que ça pourrait changer

Les déclarations du ministre espagnol reflètent une remise en question plus large de la politique de libéralisation des marchés en Europe. En Espagne, l’ouverture à la concurrence a entraîné une baisse des marges pour les opérateurs ferroviaires, passant d’un bénéfice annuel de 150 millions d’euros à des pertes cumulées de 230 millions d’euros pour les trois principaux acteurs. Cette situation prive l’État espagnol de revenus qui étaient autrefois réinvestis dans le réseau ferroviaire régional. Le gouvernement espagnol semble désormais privilégier une approche plus protectionniste, comme en témoignent ses critiques envers les entreprises étrangères et ses mesures pour soutenir Renfe. Cette position pourrait influencer les futures politiques européennes en matière de transport et de concurrence.

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