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L’Ukraine peut-elle gagner la guerre ?

The Conversation France · mis à jour 29 juil.

L’ESSENTIEL L’Ukraine parvient de plus en plus à causer des dommages importants à divers équipements un peu partout sur le territoire de la Russie. Parallèlement, Volodymyr Zelensky enregistre certains succès diplomatiques au G7, à l’OTAN ou encore dans les pays du Golfe.

Nouvelle stratégie ukrainienne

Depuis le printemps et l’été 2026, l’Ukraine a modifié sa stratégie militaire en passant d’une posture défensive à une approche offensive. Elle frappe désormais le territoire russe avec des drones et des missiles de plus en plus précis et profonds, ciblant des infrastructures militaires, civiles et logistiques. Ces attaques visent des villes comme Moscou, Saint-Pétersbourg ou des régions comme l’Oural, bien au-delà de la ligne de front en Ukraine. Cette évolution marque une révolution opérative : l’Ukraine n’est plus perçue uniquement comme une victime en quête de survie, mais comme une puissance militaire capable de rendre des coups à la Russie loin de ses propres frontières. Ces frappes sont rendues possibles par des innovations locales en matière de drones, une meilleure collecte de renseignements et une industrialisation accélérée de l’armement. Cependant, cette stratégie ne suffit pas à elle seule pour garantir une victoire militaire.

Limites militaires ukrainiennes

Malgré ses avancées, l’Ukraine fait face à des défis militaires majeurs. Le pays manque de combattants en raison de restrictions sur l’enrôlement des jeunes et de l’exil de nombreux conscrits potentiels. Environ 20 % de son territoire est occupé par la Russie depuis 2014, ce qui limite sa capacité à mobiliser des ressources humaines et économiques. L’armée ukrainienne dépend encore largement d’équipements étrangers, notamment pour les blindés lourds et les systèmes de défense anti-aérienne. Par exemple, elle a reçu des chars Abrams australiens ou des systèmes comme Gravehawk. Ces lacunes empêchent l’Ukraine de stopper les bombardements russes ou de lancer une offensive terrestre décisive. Les frappes aériennes, bien que symboliquement importantes, ne suffisent pas à inverser le rapport de force au sol.

Succès diplomatiques de Zelensky

Sur le plan diplomatique, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a enregistré des succès notables en 2026. Il a été invité au sommet du G7 en France, a rencontré Donald Trump aux États-Unis, et a participé au sommet de l’OTAN à Ankara. L’Ukraine a également obtenu des prêts de 690 millions de dollars du FMI et de 90 milliards d’euros de l’Union européenne. Ces avancées visent à sécuriser un soutien financier et politique international, notamment face aux pressions américaines pour une paix rapide. Zelensky a aussi renforcé les liens avec les États du Golfe en proposant des solutions anti-drones. Ces succès diplomatiques aident l’Ukraine à éviter une subversion interne, une faillite financière ou un retrait du soutien occidental. Cependant, ils ne garantissent pas une victoire militaire ou politique à long terme.

Crise politique interne

La vie politique ukrainienne est marquée par des tensions internes, malgré les succès internationaux. Plusieurs scandales de corruption ont éclaté, notamment après la démission du directeur de cabinet de Zelensky, M. Yermak. Ces affaires révèlent des faiblesses structurelles dans la gouvernance du pays, antérieures à la guerre. De plus, l’absence d’élections générales, due à la loi martiale et aux annexions territoriales par la Russie, limite la légitimité démocratique du gouvernement. Ces facteurs rendent l’Ukraine vulnérable aux critiques de l’administration Trump, qui pourrait exiger des concessions territoriales pour une paix rapide. La crise politique interne complique donc la capacité de Kiev à transformer ses gains militaires en une victoire stratégique.

Ce que ça pourrait changer

Trois scénarios principaux s’offrent à l’Ukraine pour l’avenir. Le premier consiste à adopter une stratégie militaire classique de reconquête territoriale progressive, en ciblant notamment la Crimée et le Donbass, tout en renforçant son alliance avec les États-Unis. Le second scénario implique des négociations rapides avec la Russie, sous l’influence de l’administration Trump, ce qui nécessiterait de limiter les frappes sur le territoire russe et de modérer le nationalisme intérieur. Le troisième scénario vise à amplifier les frappes sur la Russie pour exalter la fierté nationale, mais cela risquerait de provoquer une réaction accrue de Moscou et un retrait du soutien américain. Le choix entre ces options relève des autorités politiques ukrainiennes, et non uniquement du nouveau chef d’état-major, Mykhailo Drapatyi, car la stratégie dépasse le cadre militaire.

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