L’approche de la CAQ pour contrer la pénurie d’enseignants décriée
Des dizaines de programmes courts en enseignement ont été créés en moins de quatre ans sous la CAQ..
En septembre 2026, la Coalition avenir Québec (CAQ) est critiquée pour avoir lancé 58 programmes courts en enseignement en très peu de temps afin de répondre à la pénurie d’enseignants au Québec. Ces formations accélérées, appelées voies rapides, visent à permettre à des personnes compétentes d’accéder rapidement à la profession sans suivre le parcours traditionnel, comme un baccalauréat en enseignement. Cependant, des partis d’opposition comme le Parti libéral du Québec et le Parti québécois remettent en question leur efficacité. Madwa-Nika Cadet, candidate libérale, estime que ces programmes ont été créés à la hâte, sans évaluation préalable de leur capacité à retenir les nouveaux enseignants dans le système scolaire. Pascal Bérubé, député et candidat du Parti québécois, ajoute que ces initiatives ont été mises en place en catastrophe, sans validation rigoureuse, et qu’il est urgent d’évaluer si les enseignants formés par ces voies rapides possèdent les compétences nécessaires et restent dans la profession.
Québec solidaire (QS) propose une approche différente pour résoudre la pénurie d’enseignants qualifiés au Québec. Alejandra Zaga Mendez, candidate du parti dans Verdun, suggère d’améliorer les conditions de travail des enseignants en rémunérant davantage les stages des étudiants en enseignement. Son parti défend également l’idée d’un réseau scolaire commun, une initiative portée par le regroupement l’École ensemble, qui vise à mettre fin à l’école à trois vitesses. Ce concept désigne un système où les élèves sont répartis dans des écoles ou des classes en fonction de leur niveau socio-économique ou de leurs difficultés, ce qui alourdit la tâche des enseignants. QS argue que cette réforme permettrait une meilleure répartition des élèves en difficulté, réduisant ainsi la charge de travail des nouveaux enseignants et améliorant leur soutien. Le parti s’engage aussi à lancer des états généraux en éducation s’il accède au pouvoir.
Plusieurs acteurs du milieu de l’éducation et des partis politiques réagissent aux mesures de la CAQ pour contrer la pénurie d’enseignants. Le regroupement Je protège mon école publique souligne la nécessité de valoriser le baccalauréat en enseignement, tout en explorant d’autres parcours pour attirer de nouveaux enseignants. Il insiste cependant sur l’importance de recueillir davantage de données et d’écouter les équipes-écoles avant de pérenniser ces nouvelles voies d’accès à la profession. La ministre de l’Éducation de la CAQ, Sonia LeBel, défend quant à elle la diversification des voies d’accès, affirmant qu’elle ne signifie pas une baisse des exigences, mais plutôt une ouverture à davantage de profils compétents. Elle rappelle que plus de 10 000 enseignants non légalement qualifiés travaillent déjà dans les écoles du Québec. Le Parti conservateur du Québec n’a pas réagi au moment de la publication de l’article.
L’article s’inscrit dans le contexte d’une campagne électorale au Québec en septembre 2026. Les partis d’opposition, soit le Parti libéral du Québec, le Parti québécois et Québec solidaire, se sont engagés à organiser des *états généraux en éducation* s’ils remportent les élections. Ces états généraux désignent des consultations publiques approfondies visant à réformer le système éducatif. La CAQ, au pouvoir, mise sur des solutions rapides comme les programmes courts, tandis que ses adversaires critiquent cette approche et prônent des réformes structurelles. Le débat porte notamment sur la qualité de la formation des enseignants, la rétention des nouveaux professeurs dans le système et l’équité dans la répartition des ressources éducatives.

