Les États-Unis s’apprêteraient à mener des opérations militaires au Mali
Il s’agirait du 8e pays visé par une intervention armée américaine depuis le retour au pouvoir de Donald Trump, il y a 18 mois. L’article Les États-Unis s’apprêteraient à mener des opérations militaires au Mali est apparu en premier sur Le Grand Continent..
Depuis le retour au pouvoir de Donald Trump en janvier 2025, les États-Unis auraient mené des opérations militaires dans sept pays différents. Le Mali deviendrait le huitième pays visé par une intervention armée américaine. Cette escalade s’inscrit dans une stratégie plus large de lutte contre le terrorisme et d’influence géopolitique à l’échelle mondiale. Parmi les pays déjà ciblés figurent l’Iran, le Yémen, la Somalie, la Syrie, le Venezuela, l’Irak et le Nigeria. En septembre 2025, l’armée américaine a également lancé l’opération Lance du Sud dans les Caraïbes et le Pacifique Est, avec pour objectif de lutter contre le trafic de drogue en provenance d’Amérique latine. Cette opération a déjà donné lieu à plus de 60 frappes contre des navires, causant la mort d’au moins 200 personnes.
Les opérations militaires américaines envisagées au Mali viseraient spécifiquement le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), une organisation djihadiste active dans la région du Sahel. Le JNIM est la branche sahélienne d’Al-Qaïda, créée en 2017 par la fusion de plusieurs groupes armés djihadistes. Ce groupe est considéré comme l’un des principaux acteurs du terrorisme dans cette zone, où il mène des attaques contre les forces locales et internationales. La lutte contre le JNIM s’inscrit dans le cadre d’une stratégie plus large de contre-terrorisme, mais elle pourrait aussi avoir des conséquences imprévues, comme le renforcement d’autres groupes rivaux, comme l’État islamique au Sahel (EI-Sahel), avec lequel le JNIM est en conflit depuis 2019.
L’administration Trump semble vouloir adopter une approche différente de celle de l’administration précédente, dirigée par Joe Biden. Contrairement à cette dernière, elle ne porte pas de jugement sur la légitimité des juntes militaires au pouvoir au Mali et dans d’autres pays du Sahel. Cette position reflète une volonté de renouer des liens avec ces régimes, notamment pour rétablir un dispositif efficace de lutte contre le terrorisme. Les États-Unis cherchent également à contrer l’influence croissante de la Russie dans la région et à sécuriser l’accès à des minerais critiques, essentiels pour les technologies modernes. Cette stratégie s’inscrit dans un contexte où les groupes terroristes profitent des tensions locales et des méthodes répressives des gouvernements pour recruter de nouveaux membres.
La situation au Mali est marquée par une forte instabilité politique et sécuritaire. Depuis 2020, l’armée malienne, soutenue par des mercenaires russes, a mené une stratégie de contre-insurrection qui a causé la mort de 925 civils en 2020, selon l’ONG Armed Conflict Location & Event Data Project (ACLED). Bien que cette stratégie ait affaibli certains réseaux djihadistes, elle a aussi alimenté des ressentiments locaux et créé de nouvelles opportunités de recrutement pour les groupes armés. Cette dynamique illustre la difficulté de résoudre un conflit où les solutions militaires peuvent parfois aggraver les tensions plutôt que les apaiser. Une intervention militaire américaine au Mali pourrait donc avoir des effets limités, voire contre-productifs, en affaiblissant le JNIM sans pour autant permettre à la junte malienne de reprendre le contrôle total du territoire.
Les opérations militaires américaines au Mali s’inscrivent dans un contexte géopolitique plus large, où les grandes puissances cherchent à étendre leur influence en Afrique. Les États-Unis, en renouant des liens avec les juntes du Sahel, tentent de contrer l’influence russe, qui s’est renforcée ces dernières années grâce à des accords militaires et économiques avec des pays comme le Mali, le Burkina Faso et le Niger. Ces pays forment l’*Alliance des États du Sahel*, un bloc régional qui rejette l’influence occidentale traditionnelle. Parallèlement, les États-Unis cherchent à sécuriser l’accès à des ressources naturelles stratégiques, comme les minerais critiques, essentiels pour les industries technologiques et militaires. Cette compétition pour l’influence en Afrique illustre les tensions croissantes entre les grandes puissances sur le continent.

