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☕️ Varta au bord du démantèlement après la perte d’Apple

Next.ink · mis à jour il y a 10 j

Varta, déjà en grande difficulté, a fini par lancer une procédure d’insolvabilité. Le géant allemand des batteries subit de plein fouet la désaffection d’un de ses plus importants clients, Apple, qui a décidé d’acheter les petites piles des AirPods en Chine.

Varta en difficulté majeure

Le groupe allemand Varta, spécialisé dans la fabrication de piles et batteries, traverse une crise sans précédent. En mai 2024, la presse allemande a révélé que Apple ne renouvellerait pas son contrat pour la fourniture des piles des AirPods, un produit phare de la marque à la pomme. Cette décision a été prise au profit d’un fournisseur chinois, moins coûteux. Varta, qui dépendait fortement d’Apple depuis des années, se retrouve ainsi privée d’un de ses principaux clients. Cette perte aggrave une situation déjà fragile, marquée par une chute drastique de ses ventes. Par exemple, au premier trimestre 2023, les ventes de la branche lithium-ion CoinPower de Varta ont chuté de 92,1 %, principalement en raison de la réduction des commandes d’Apple. Sans ce client majeur, l’entreprise n’est plus en mesure d’assurer la viabilité de son usine de Nördlingen, en Allemagne, qui employait 350 personnes.

Échec des tentatives de sauvetage

Avant même la perte d’Apple, Varta tentait de se restructurer pour éviter la faillite. En 2024, l’entreprise a utilisé une procédure appelée procédure de restructuration préventive (un outil juridique allemand permettant de réorganiser une entreprise en difficulté avant une insolvabilité). Cette démarche a permis de réduire fortement sa dette, de retirer l’entreprise de la Bourse, d’annuler le capital des anciens actionnaires (qui ont donc tout perdu) et d’accueillir Porsche comme nouvel actionnaire. Cependant, ces efforts n’ont pas suffi. Les objectifs financiers fixés n’ont pas été atteints, et Varta avait besoin d’injections de fonds supplémentaires à très court terme pour survivre. Aucun investisseur ou créancier n’a accepté de jouer le rôle de chevalier blanc (un investisseur ou partenaire qui sauve une entreprise en difficulté). Par ailleurs, le partenariat avec Porsche, sous la forme d’une coentreprise nommée Cellforce, devrait être abandonné. Ces éléments ont précipité la décision de Varta de déposer, le 24 juillet 2024, quatre demandes d’ouverture de procédure d’insolvabilité.

Projet de démantèlement partiel

Face à cette situation critique, Varta a choisi de déposer une demande de procédure d’insolvabilité (un processus juridique qui permet à une entreprise en difficulté de se réorganiser ou d’être liquidée sous contrôle judiciaire). L’objectif est de sauver les activités les plus rentables, notamment celles liées aux piles grand public, en les isolant dans une nouvelle société. Cette entité pourrait ensuite être vendue à un repreneur intéressé. Pour le reste des activités de Varta, plusieurs scénarios sont envisagés : restructuration, cession à un autre acteur, ou liquidation si aucun acheteur ne se manifeste. Cette stratégie vise à maximiser les chances de survie des parties viables de l’entreprise tout en limitant les pertes pour les créanciers et les salariés. La fermeture de l’usine de Nördlingen, entraînant la suppression de 350 emplois, est déjà actée et devrait intervenir rapidement.

Ce que ça pourrait changer

La crise de Varta illustre les défis auxquels sont confrontés les industriels européens dans un contexte de concurrence mondiale accrue. La dépendance excessive à un seul client majeur, comme Apple, peut s’avérer risquée, surtout lorsque ce client décide de se tourner vers des fournisseurs moins chers, souvent situés en Asie. Varta, qui avait développé une usine en Allemagne spécifiquement pour répondre aux commandes d’Apple, se retrouve aujourd’hui sans ce soutien. Par ailleurs, l’échec des tentatives de sauvetage, malgré l’intervention de Porsche, montre la difficulté de redresser une entreprise en grande difficulté sans un soutien financier ou stratégique solide. Cette situation met en lumière les enjeux de la réindustrialisation en Europe, où les coûts de production sont souvent plus élevés qu’en Asie, et où la concurrence des géants technologiques comme Apple ou Tesla pèse lourdement sur les acteurs locaux.

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