Réserves de gaz réduites : l’Allemagne “prie pour un hiver doux”
La visite du ministre des Affaires étrangères, Johann Wadephul, en Algérie, mardi 1er septembre, est à mettre en relation avec la crise énergétique qui touche la république fédérale. Le pays d’Afrique du nord intéresse notamment Berlin pour son gaz, dont l’Allemagne manque cruellement, analyse la presse d’outre-Rhin..
L'Allemagne fait face à une crise énergétique majeure en septembre 2026, marquée par des réserves de gaz naturel dangereusement basses. Selon les données officielles, les stocks étaient remplis à seulement 53 % de leur capacité le 30 août 2026, soit un déficit de 27 points par rapport à la moyenne enregistrée entre 2017 et 2021. Cette situation expose le pays à un risque de pénurie en cas d'hiver rigoureux, d'où l'urgence de trouver des solutions d'approvisionnement. Le gaz naturel, utilisé pour le chauffage, l'industrie et la production d'électricité, est devenu un enjeu stratégique pour l'Allemagne, dont les réserves sont traditionnellement remplies avant la saison froide pour éviter les coupures.
Face à cette pénurie, l'Allemagne cherche à renforcer ses partenariats énergétiques, notamment avec l'Algérie, considérée comme un partenaire énergétique à double tranchant. Bien que critiqué pour son autoritarisme, ce pays d'Afrique du Nord est une source majeure de gaz pour l'Europe. Le 1er septembre 2026, le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, s'est rendu en Algérie pour discuter d'un renforcement des livraisons de gaz. Une première a été réalisée en juillet 2026 : des livraisons de gaz liquéfié (GNL) ont été acheminées directement depuis l'Algérie vers le port allemand de Wilhelmshaven. Le GNL, ou gaz naturel liquéfié, est du gaz refroidi à -162°C pour être transporté par bateau, ce qui permet de contourner les contraintes des gazoducs.
La stratégie actuelle du gouvernement allemand repose sur une hypothèse risquée : prier pour un hiver doux. Cette expression, reprise par le média Der Spiegel, illustre l'absence de solution immédiate pour combler le déficit de gaz. Les réserves actuelles, à 53 % de leur capacité, sont insuffisantes pour garantir un approvisionnement stable en cas de grand froid. Les médias allemands soulignent que cette dépendance aux conditions météorologiques expose le pays à des risques économiques et sociaux majeurs. Sans alternative rapide, l'Allemagne pourrait devoir recourir à des mesures d'urgence, comme des rationnements ou des importations massives de gaz à prix élevé.
La visite du ministre Wadephul en Algérie s'inscrit dans une démarche diplomatique accélérée pour sécuriser les approvisionnements énergétiques allemands. Cette mission intervient dans un contexte géopolitique tendu, où l'Allemagne cherche à diversifier ses sources de gaz pour réduire sa dépendance à la Russie, son principal fournisseur historique avant la guerre en Ukraine. L'Algérie, avec ses importantes réserves de gaz et sa proximité géographique avec l'Europe, représente une option stratégique. Cependant, les relations entre Berlin et Alger restent complexes en raison des divergences politiques et des critiques sur le respect des droits humains en Algérie.

