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Culture

Le Benelux, locomotive des sanctions européennes contre Israël

France Culture - Savoirs · mis à jour 25 sept.

L’Etat Israël pourrait-il, un jour, être placé sous sanctions européennes comme l’est la Russie de Vladimir Poutine… On n’en est pas encore là, mais certains ont choisi de passer aux actes, en se lançant dans des représailles économiques bilatérales. C’est notamment le cas au Benelux..

Sanctions Benelux contre Israël

En septembre 2026, les trois pays du Benelux (Belgique, Pays-Bas et Luxembourg) ont pris des mesures économiques symboliques contre Israël pour protester contre sa politique militaire en Cisjordanie. Ces sanctions, bien que limitées en volume, marquent une volonté politique forte de ces États de s'opposer aux actions israéliennes. Le Luxembourg a notamment retiré son agrément pour la validation des Israeli bonds, des obligations émises par le ministère des Finances israélien pour financer l'État hébreu. Ces titres, qui ne se négocient pas sur les marchés financiers classiques, nécessitent une approbation d'un régulateur national pour être introduits en Europe. Jusqu'en 2025, c'était l'Irlande qui assurait cette validation, avant que le Luxembourg ne prenne le relais. Les Pays-Bas ont parallèlement instauré un embargo sur les produits agricoles issus des colonies israéliennes en territoire palestinien, jugées illégales par le droit international. Ces mesures, bien que modestes en valeur (quelques centaines de millions d'euros), visent à envoyer un signal politique fort.

Cibles des sanctions

Les sanctions du Benelux ciblent principalement deux aspects : les financements israéliens et les responsables politiques ou colons considérés comme extrémistes. Au Luxembourg, la décision concerne les Israeli bonds, des obligations émises par Israël pour financer son État, qui ne sont pas cotées en bourse mais nécessitent une validation réglementaire pour être commercialisées en Europe. Aux Pays-Bas, l'embargo porte sur des produits agricoles comme les dattes, avocats, agrumes et mangues en provenance des colonies israéliennes en Cisjordanie, jugées illégales par la communauté internationale. En Belgique, des sanctions individuelles ont été prises contre des ministres israéliens d'extrême droite, comme Itamar Ben Gvir (Sécurité nationale) et Bezalel Smotrich (Finances et Défense), ainsi que contre des colons extrémistes. Ces mesures incluent des interdictions de voyager en Europe et des gels d'avoirs financiers pour certains concernés. L'objectif est de sanctionner des personnalités directement impliquées dans la politique israélienne controversée.

Ce que ça pourrait changer

Les sanctions mises en place par le Benelux restent principalement symboliques en raison de leur faible impact économique. Par exemple, les *Israeli bonds* sont surtout souscrits aux États-Unis (dix fois plus qu'en Europe), et l'embargo néerlandais ne concerne que quelques centaines de millions d'euros de produits agricoles, alors que les échanges commerciaux entre Israël et l'Union européenne s'élèvent à plusieurs dizaines de milliards d'euros par an. Cependant, ces mesures visent à montrer une position politique claire et à influencer d'autres États européens. Douze pays de l'UE, dont la France, envisagent désormais de prendre des sanctions similaires. Un autre objectif plus ambitieux, comme la dénonciation de l'accord d'association entre l'UE et Israël, nécessiterait une majorité qualifiée parmi les 27 États membres, ce qui n'est pas encore acquis. Ces actions illustrent une tendance croissante parmi certains pays européens à durcir leur discours envers Israël.

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