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Droit

« Ni bureau, ni ordinateur » : Rachida Dati, 900 000 euros versés par Renault et le soupçon d’un lobbying caché

Nouvel Obs : Procès · mis à jour il y a 5 j

La maire du 7ᵉ arrondissement de Paris sera jugée pour « corruption » et « trafic d’influence » à partir de mercredi 16 septembre. Du temps où elle était eurodéputée et payée par Renault-Nissan, Rachida Dati a pris au Parlement européen des positions favorables au constructeur automobile, alors dirigé par Carlos Ghosn..

Affaire judiciaire en cours

Rachida Dati, maire du 7ᵉ arrondissement de Paris, sera jugée à partir du 16 septembre 2026 pour deux chefs d’accusation : corruption et trafic d’influence. Ces faits sont liés à des activités menées alors qu’elle était eurodéputée entre 2010 et 2012. Le procès s’ouvre dans un contexte où l’élue est également visée par une perquisition en 2019 dans son domicile parisien, situé dans un immeuble appartenant à la Caisse des Dépôts. Les magistrates en charge de l’affaire ont dû attendre plus de 20 minutes avant qu’elle n’ouvre sa porte, révélant ainsi une résistance initiale à leur intervention.

Lien avec Renault-Nissan

Entre 2010 et 2012, Rachida Dati a perçu 900 000 euros d’honoraires en tant qu’avocate pour le groupe Renault-Nissan, alors dirigé par Carlos Ghosn. Ce montant élevé, versé sur une période de deux ans, soulève des questions sur d’éventuels conflits d’intérêts. En effet, pendant cette période, l’eurodéputée a adopté des positions favorables au constructeur automobile au Parlement européen, où elle siégeait. Ces agissements pourraient constituer une forme de lobbying caché, c’est-à-dire une influence exercée de manière indirecte ou dissimulée sur des décisions politiques en échange de rémunérations.

Rôle de Carlos Ghosn

Carlos Ghosn était le PDG de Renault-Nissan au moment où les paiements à Rachida Dati ont été effectués. Il a été au cœur de plusieurs scandales financiers et judiciaires, notamment pour des malversations présumées au sein du groupe automobile. Son nom est donc associé à une période trouble pour Renault-Nissan, ce qui ajoute une dimension controversée aux liens entre l’entreprise et l’eurodéputée. Les magistrates enquêtent sur la possibilité que ces paiements aient servi à influencer les prises de position de Rachida Dati en faveur du constructeur.

Contexte politique européen

Rachida Dati siégeait au Parlement européen en tant qu’eurodéputée, un rôle qui lui permettait de participer à l’élaboration de lois et de politiques publiques au niveau de l’Union européenne. Son mandat coïncidait avec une période où Renault-Nissan cherchait probablement à défendre ses intérêts, notamment face à des réglementations environnementales ou industrielles. Les paiements qu’elle a reçus pourraient ainsi avoir été un moyen pour le constructeur de s’assurer du soutien d’une élue influente, bien que cette pratique soit strictement encadrée par les règles européennes contre le lobbying.

Perquisition et résistance

En octobre 2019, des magistrates se sont présentées à 7h45 au domicile de Rachida Dati pour une perquisition dans le cadre de cette affaire. La maire du 7ᵉ arrondissement de Paris, absente lors de leur arrivée, a finalement ouvert sa porte à 8h10. Cette scène illustre une certaine résistance ou réticence à collaborer avec la justice. La perquisition a eu lieu dans un immeuble du 7ᵉ arrondissement de Paris, où elle avait également domicilié son cabinet d’avocat neuf ans plus tôt, révélant ainsi un lien entre ses activités professionnelles et politiques.

Ce que ça pourrait changer

Le procès de Rachida Dati s’annonce comme un moment clé pour éclairer les pratiques de *lobbying* en Europe et les risques de corruption liés aux rémunérations d’élus. Les chefs d’accusation de *corruption* et de *trafic d’influence* impliquent des échanges de faveurs entre une entreprise privée et une élue, ce qui pourrait avoir des répercussions sur la confiance des citoyens dans les institutions européennes. Les débats porteront notamment sur la nature des services rendus par Rachida Dati en échange des 900 000 euros versés par Renault-Nissan.

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