☕️ Cybersécurité : l’ANSSI lance son mécanisme REACTIV dédié aux services de l’État
L’ANSSI a annoncé ce 7 septembre la mise en place d’un dispositif nommé REACTIV (REponse & ACTion Interministérielle face aux Violations de données). Créé à la demande du Premier ministre, il doit permettre la mobilisation immédiate des compétences et moyens de l’agence de sécurité pour les ministères touchés par des cyberattaques.
L’ANSSI (Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information) a lancé le 7 septembre 2026 un mécanisme nommé REACTIV, créé à la demande du Premier ministre. Ce dispositif vise à renforcer la réactivité de l’agence face aux cyberattaques ciblant les ministères. REACTIV signifie REponse & ACTion Interministérielle face aux Violations de données et se concentre sur deux axes principaux : le traitement des compromissions de comptes utilisateurs et l’analyse des violations de données. Contrairement à son rôle habituel d’accompagnement et de conseil, l’ANSSI pourra désormais imposer aux ministères des mesures de protection immédiates, avec des délais stricts. Elle centralisera également la communication technique en cas de crise.
Avec REACTIV, l’ANSSI gagne en autorité sur les ministères victimes de cyberattaques. Deux pouvoirs clés sont introduits : d’abord, l’agence peut exiger des mesures de protection des données dans des délais contraints, ce qui marque un changement par rapport à son approche traditionnelle de conseil. Ensuite, elle prend le contrôle de la communication technique de crise, garantissant une réponse coordonnée et centralisée. Ces mesures s’inscrivent dans la Feuille de route de sécurité numérique de l’État 2026-2027, dont la mise en œuvre a été accélérée par le Premier ministre pour améliorer durablement la sécurité des réseaux ministériels.
Le lancement de REACTIV répond à une série d’incidents majeurs ayant touché des services de l’État depuis plusieurs mois. Parmi les exemples cités, on trouve en avril 2026 la fuite de données de l’Agence nationale des titres sécurisés (devenue France Titres), suivie en été par des piratages au ministère de l’Éducation nationale, à la direction générale des Finances publiques (DGFiP) touchant 678 000 usagers, au ministère de l’Intérieur, ainsi qu’au serveur des données cadastrales et aux fichiers des successions vacantes. Ces attaques ont conduit à une question écrite à l’Assemblée nationale le 1er septembre 2026, soulignant l’urgence de renforcer les capacités de réaction.
Vincent Strubel, directeur de l’ANSSI, précise que REACTIV est un effort temporaire, réalisé « au détriment d’autres pans de la menace » que l’agence ne néglige pas. L’objectif n’est pas d’éliminer toutes les attaques, mais d’améliorer la réactivité et la directivité pour limiter les dégâts à court terme, tout en partageant davantage d’informations pour mieux comprendre les menaces. La question des moyens alloués à l’ANSSI reste ouverte, d’autant que de nouveaux textes européens en cybersécurité (NIS2, REC, DORA et le *Cyber Resilience Act*) vont renforcer ses responsabilités.

