Classement Pisa 2025 : le pire bulletin de notes des élèves français depuis sa création en 2000
Ce matin ont été publiés les résultats de l’étude Pisa, qui évalue tous les trois ans les compétences des élèves de 15 ans dans une centaine de pays. Ce sont les pires jamais enregistrés en France.
Les résultats de l’enquête Pisa 2025, publiée le 8 septembre 2026, révèlent les pires performances jamais enregistrées par les élèves français depuis le lancement de cette étude en 2000. Pisa (Programme international pour le suivi des acquis des élèves) est une évaluation internationale organisée tous les trois ans par l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques), qui mesure les compétences des élèves de 15 ans en mathématiques, sciences et compréhension de l’écrit. Bien que la France reste globalement dans la moyenne des pays membres de l’OCDE, ces résultats marquent un déclin continu depuis 2015, avec une baisse généralisée des performances, touchant tous les profils d’élèves. Cette tendance n’est pas le fruit d’un accident ponctuel, mais s’inscrit dans une dégradation progressive du système éducatif français.
Le déclin des résultats des élèves français n’est pas une chute brutale, mais une érosion progressive observée depuis 2015. Les données montrent que les performances en mathématiques, sciences et lecture ont régulièrement diminué, sans que cela ne soit lié à un événement spécifique comme la crise du Covid ou une réforme particulière. Ce phénomène concerne l’ensemble des élèves, sans distinction de milieu social ou de profil. Les experts soulignent que cette baisse reflète des problèmes structurels du système éducatif français, tels que les inégalités scolaires persistantes et un manque de moyens ou de méthodes adaptées pour répondre aux besoins des élèves. La France, qui se situait autrefois parmi les pays les plus performants de l’OCDE, voit ainsi son classement se dégrader progressivement.
L’un des aspects les plus préoccupants des résultats Pisa 2025 est l’aggravation des inégalités éducatives en France. Les écarts de performance entre les élèves issus de milieux favorisés et défavorisés se creusent, reflétant un système scolaire qui peine à offrir les mêmes chances à tous. Ces inégalités se manifestent notamment par des différences de résultats selon l’origine sociale, le quartier de résidence ou le type d’établissement scolaire. Les experts, comme Pierre-Yves Cusset, chef de projet au Haut Commissariat à la stratégie et au plan, soulignent que ces disparités ne sont pas nouvelles, mais qu’elles s’aggravent avec le temps. Le rapport de Pierre-Yves Cusset, publié le 31 août 2026, propose des pistes pour réduire ces écarts, mais leur mise en œuvre reste un défi majeur pour les pouvoirs publics.
Face à ces résultats, les réactions sont vives. Pierre-Yves Cusset, invité de France Culture, a souligné que le déclin des performances françaises n’est pas lié à une seule réforme ou à un événement précis, mais à une combinaison de facteurs structurels. Il a également rappelé que les solutions ne peuvent pas se limiter à des mesures ponctuelles, mais doivent s’inscrire dans une politique éducative globale et durable. Les débats portent notamment sur les moyens alloués à l’éducation, la formation des enseignants, et les méthodes pédagogiques. Certains observateurs pointent du doigt la nécessité de mieux adapter l’école aux réalités du XXIe siècle, notamment face à l’évolution des technologies et des modes d’apprentissage.
Ces résultats Pisa 2025 interviennent dans un contexte politique tendu en France, à quelques mois de l’élection présidentielle de 2027. Le gouvernement actuel, dirigé par Sébastien Lecornu, est sous pression pour trouver des solutions à la crise éducative, alors que les marges de manœuvre budgétaires sont limitées. Les discussions autour du budget 2027 pour l’Éducation nationale s’annoncent difficiles, dans un contexte où les priorités se multiplient, entre santé, sécurité et transition écologique. Les responsables politiques devront donc arbitrer entre des dépenses sociales urgentes et des investissements à long terme dans l’éducation, un secteur souvent perçu comme un levier clé pour réduire les inégalités et relancer la croissance économique.

