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Société

Les médicaments contre l'obésité comme Ozempic peuvent-ils améliorer les performances des athlètes?

Slate FR · mis à jour il y a 13 j

Les traitements agonistes du GLP-1 sont notamment utilisés pour perdre du poids. Les scientifiques se demandent s'ils peuvent également booster les performances sportives..

Médicaments amaigrissants GLP-1

Les médicaments comme l'Ozempic ou le Zepbound appartiennent à une classe appelée agonistes du GLP-1 (Glucagon-Like Peptide-1), des molécules qui imitent une hormone naturelle produite par l'intestin. Cette hormone régule la sensation de faim en agissant sur le cerveau, ce qui réduit l'appétit et favorise la perte de poids. Ces traitements sont principalement prescrits aux personnes atteintes de diabète de type 2 ou d'obésité, comme Serena Williams, qui a partagé son expérience dans un podcast en 2025. Les analogues du GLP-1, comme le tirzépatide (commercialisé sous les noms Zepbound ou Mounjaro), sont également utilisés pour améliorer le métabolisme et réduire les risques d'infarctus ou d'AVC. Cependant, leur impact sur les performances sportives reste à l'étude.

Effets sur les performances

Les scientifiques s'interrogent sur l'éventuel bénéfice des agonistes du GLP-1 pour les athlètes, mais aucune preuve solide ne confirme une amélioration directe des performances. Selon Daniel Drucker, endocrinologue à l'université de Toronto, « l'absence de preuve n'est pas la preuve de l'absence d'effets ». Certains effets indirects pourraient être positifs : une meilleure endurance ou une réduction des douleurs articulaires, comme évoqué par Serena Williams. Cependant, ces traitements ne sont pas interdits par l'Agence mondiale antidopage (AMA), mais figurent sur une liste de substances à surveiller. Pour être considérés comme dopants, les produits doivent soit améliorer les performances, soit nuire à la santé, soit aller à l'encontre de l'esprit sportif.

Risques pour les sportifs

Les agonistes du GLP-1 présentent des risques pour les athlètes, notamment une perte de masse musculaire, des troubles digestifs ou, plus rarement, des complications graves comme une inflammation du pancréas. Environ 25 % de la perte de poids induite par le tirzépatide provient de la réduction de la masse maigre (muscles, eau et tissus non adipeux). Une alimentation insuffisante, due à la baisse d'appétit, peut aussi compromettre la récupération, l'humeur et les performances. Michael Joyner, spécialiste en physiologie de l'exercice, souligne que perdre quelques kilos pourrait améliorer la vitesse et l'endurance, mais uniquement si la masse musculaire est préservée. Dans les sports où le poids est crucial (boxe, lutte), ces traitements pourraient offrir un avantage, mais au prix de risques pour la santé.

Position des agences antidopage

Les agences antidopage, comme l'AMA, n'ont pas encore tranché sur l'interdiction des agonistes du GLP-1. Pour l'instant, elles se contentent de les surveiller, car leur impact sur les performances sportives n'est pas clairement établi. Massimo Mapelli, médecin au centre de cardiologie Monzino à Milan, rappelle que les données disponibles ne permettent pas de présumer des bénéfices ou des risques pour les athlètes de haut niveau. Le cas de Serena Williams, qui a partagé son expérience avec ces médicaments, a suscité des débats, d'autant plus qu'elle est ambassadrice pour une entreprise commercialisant l'un de ces traitements. Son mari, Alexis Ohanian, a également investi dans cette société.

Ce que ça pourrait changer

Les agonistes du GLP-1 sont conçus pour des patients souffrant de diabète de type 2 ou d'obésité, des profils très différents de celui des sportifs professionnels. Leur utilisation dans le sport relève donc d'une démarche hors autorisation initiale. Bien que certains effets secondaires (comme l'amélioration du cholestérol ou la réduction des douleurs articulaires) puissent sembler attractifs pour les athlètes, les risques de perte musculaire et de troubles digestifs restent des obstacles majeurs. Les scientifiques et les médecins appellent à la prudence, soulignant que les données manquent pour évaluer pleinement leur impact sur les performances ou la santé des sportifs.

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