Reporting de durabilité : la norme VS succède à la VSME et encadre les demandes dans les chaînes de valeur
Reporting de durabilité : la norme VS succède à la VSME et encadre les demandes dans les chaînes de valeur RSE et Compliance Sociétés Droit européen Comptabilité.
La norme VS (Value Sustainability) remplace la VSME (Value Sustainability and Management Evaluation) comme nouveau cadre de référence pour le reporting de durabilité des entreprises. Cette évolution s'inscrit dans un contexte européen où les exigences en matière de transparence et de responsabilité sociale des entreprises (RSE) se renforcent. La VS vise à standardiser la manière dont les organisations communiquent sur leurs impacts environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG), en intégrant des critères plus stricts et des méthodologies harmonisées. Contrairement à la VSME, qui se concentrait principalement sur l'évaluation interne des pratiques durables, la VS élargit son périmètre aux chaînes de valeur complètes, incluant les fournisseurs et partenaires. Cette norme s'applique désormais aux entreprises de toutes tailles, bien que les grandes structures et les sociétés cotées en bourse soient les premières concernées en raison de leurs obligations réglementaires accrues.
L'une des principales innovations de la norme VS est son approche systémique des chaînes de valeur, c'est-à-dire l'ensemble des étapes nécessaires à la production et à la livraison d'un produit ou service, de l'approvisionnement en matières premières jusqu'à la distribution. La norme impose aux entreprises de cartographier et de publier des données sur les impacts ESG de leurs partenaires commerciaux, y compris les sous-traitants et fournisseurs indirects. Par exemple, une entreprise devra désormais déclarer les émissions de CO₂ de ses fournisseurs, leur politique de travail décent ou encore leur gestion des déchets. Cette exigence répond à une demande croissante des régulateurs et des investisseurs pour une transparence accrue sur les pratiques durables tout au long de la chaîne d'approvisionnement. En Europe, cette mesure s'aligne sur des directives comme la CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive), qui impose des rapports de durabilité détaillés aux entreprises.
La norme VS introduit des obligations de conformité plus strictes pour les entreprises, avec des échéances précises pour la mise en œuvre. Les grandes entreprises et les sociétés cotées en bourse devront publier leur premier rapport VS d'ici 2025, tandis que les PME auront jusqu'en 2027 pour se conformer aux exigences, sous réserve de certaines exemptions. Les entreprises devront également faire auditer leurs rapports par des tiers indépendants pour garantir leur fiabilité. En cas de non-conformité, des sanctions financières et des restrictions d'accès aux marchés publics sont prévues. Par exemple, une entreprise ne respectant pas les critères de la VS pourrait se voir exclure des appels d'offres publics en Europe. Cette rigueur vise à éviter le greenwashing, c'est-à-dire la communication trompeuse sur les pratiques durables, et à renforcer la crédibilité des rapports ESG.
La norme *VS* est portée par des acteurs clés du secteur de la RSE et de la comptabilité, notamment des organismes de normalisation européens et des cabinets d'audit spécialisés. Elle s'inscrit dans un cadre réglementaire européen plus large, incluant des textes comme la *CSRD* (adoptée en 2022) et la *SFDR* (Sustainable Finance Disclosure Regulation), qui encadrent les investissements durables. Les entreprises devront collaborer avec des consultants en durabilité et des experts en chaîne d'approvisionnement pour collecter et analyser les données requises. Les investisseurs, de leur côté, utiliseront ces rapports pour évaluer les risques ESG des entreprises et orienter leurs décisions financières. Par exemple, un fonds d'investissement pourrait exclure une entreprise de son portefeuille si ses pratiques en matière de droits humains dans sa chaîne de valeur ne sont pas conformes à la norme *VS*.

