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Philosophie

Arthur Harari : « J’ai beaucoup écouté les réactions que suscitait L’Inconnue »

AOC Media · mis à jour 25 sept.

Après la sortie en salle de son film L'Inconnue, Arthur Harari reçoit des retours contrastés. Il revient pour AOC sur cette force de déstabilisation de ce film, un body swap, mais aussi un film d'aventure sombre.

Un film clivant

Le film L’Inconnue, réalisé par Arthur Harari, a suscité des réactions très contrastées depuis sa sortie en salles fin août 2026. Le cinéaste reconnaît avoir été surpris par ce clivage, qui oppose d’un côté des spectateurs enthousiastes saluant une expérience cinématographique stimulante, et de l’autre des spectateurs qui rejettent le film, le jugeant repoussant. Cette division s’explique notamment par le rapport du film à la transparence et à l’opacité. Certains y voient une richesse, tandis que d’autres lui reprochent de manquer de clarté ou de cohérence. Ce phénomène n’était pas anticipé par Harari, qui a découvert cette polarisation après la projection du film lors du Festival de Cannes en mai 2026, où il était en compétition officielle. Le film a ensuite été présenté dans plusieurs festivals internationaux, confirmant cette réception contrastée.

Un body swap sombre

L’Inconnue appartient au sous-genre cinématographique du body swap (échange de corps), où des personnages occupent tour à tour le corps d’un autre. Ce concept, popularisé par des films comme Dans la peau d’une blonde ou Volte-Face, est ici revisité par Harari dans une version plus sombre et aventureuse. Le film s’inspire du roman graphique Le Cas David Zimmerman, coécrit par Arthur Harari et son frère Lucas, et illustré par ce dernier. L’histoire explore les conséquences psychologiques et physiques de ces échanges de corps, créant une expérience immersive pour le spectateur. Cette approche narrative déstabilise le public, qui se retrouve lui-même « déplacé » dans son rapport à l’identité et à la perception des personnages.

Un accueil à Cannes

L’Inconnue a été l’un des événements de la compétition officielle du Festival de Cannes 2026, où il a été projeté en mai. Ce festival, l’un des plus prestigieux au monde, a permis au film de bénéficier d’une visibilité internationale. Cependant, l’accueil critique et public y a été mitigé, reflétant les divisions observées plus tard en salles. Le film a ensuite été distribué en France avec des prévisions de box-office modestes : environ 130 000 entrées sont anticipées. Malgré ce succès limité, L’Inconnue continue d’être présenté dans divers festivals à l’étranger, confirmant son statut de film à la fois déstabilisant et marquant pour le cinéma contemporain.

Un retour d’expérience

Trois semaines après sa sortie en salles, Arthur Harari a pris du recul sur les réactions suscitées par L’Inconnue. Il souligne que le film a révélé des attentes très différentes selon les spectateurs, certains le percevant comme une œuvre stimulante et innovante, tandis que d’autres le trouvent déroutant ou même repoussant. Harari explique que cette diversité de réactions fait partie intégrante de son projet artistique, qui vise à interroger les limites du cinéma et la perception du public. Le cinéaste, déjà reconnu pour des films comme Diamant noir (2016) ou Onoda (2021), ainsi que pour son rôle de coscénariste dans Anatomie d’une chute (2023), aborde ici les enjeux de la production et de la diffusion des films dans un environnement médiatique complexe.

Ce que ça pourrait changer

Arthur Harari, figure majeure du cinéma français contemporain, s’impose comme un réalisateur à la fois polyvalent et exigeant. Son parcours inclut des thrillers comme *Diamant noir*, des films historiques comme *Onoda* (tourné au Japon), ainsi que des collaborations en tant que coscénariste, notamment avec Justine Triet pour *Anatomie d’une chute* (Palme d’Or 2023) et Cédric Kahn pour *Le Procès Goldman*. *L’Inconnue* marque son troisième long-métrage en tant que réalisateur. Harari utilise cette œuvre pour explorer les dispositifs de production et de circulation des films, tout en questionnant le rôle du spectateur dans une expérience cinématographique qui bouscule les codes traditionnels.

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