Avocats : pourquoi redicter une consultation quand l'IA peut déjà la structurer ?
Une consultation se termine. Le client quitte le cabinet, mais le travail de documentation, lui, commence souvent à ce moment-là : reprendre ses notes, dicter un compte rendu, le faire transcrire, structurer les informations puis relire le document.
Après une consultation avec un client, un avocat doit consigner les échanges dans un document. Traditionnellement, cela implique de prendre des notes pendant l’entretien ou d’enregistrer un résumé vocal pour une transcription ultérieure. Ces méthodes, bien que courantes, ajoutent une étape supplémentaire : reconstituer une conversation déjà terminée. L’intelligence artificielle (IA) propose une alternative en transformant directement l’enregistrement audio de la consultation en un document structuré, réduisant ainsi le temps consacré à cette tâche administrative.
L’outil SpeechLive Legal assistant IA, développé par Philips, permet d’enregistrer une consultation ou d’importer un fichier audio existant. L’IA analyse ensuite cet enregistrement pour en extraire les informations clés et les organiser selon un modèle de document prédéfini. Par exemple, elle peut générer une synthèse structurée de la conversation, incluant les faits essentiels et les pièces complémentaires comme des PDF ou des images. L’avocat reçoit un premier brouillon qu’il peut modifier avant validation. Ce processus se déroule en trois étapes : enregistrement, génération de la synthèse et relecture.
Tous les cabinets d’avocats n’utilisent pas les mêmes méthodes pour documenter leurs dossiers. Certains privilégient des synthèses de consultation, d’autres des notes de dossier ou des courriers clients. SpeechLive Legal permet de sélectionner des modèles existants ou d’en créer des personnalisés, adaptés aux besoins spécifiques du cabinet. Cette flexibilité garantit que la structure des documents générés correspond aux exigences internes du cabinet, tout en automatisant une partie du travail répétitif.
L’utilisation de l’IA ne signifie pas que l’avocat délègue sa responsabilité juridique. L’outil génère uniquement un brouillon, que le professionnel doit relire, vérifier et valider avant toute utilisation. L’avocat reste responsable de la précision des faits, de la pertinence juridique du contenu et de l’exactitude du document final. L’objectif de l’IA est de simplifier les tâches administratives, comme la retranscription ou l’organisation des informations, afin que l’avocat puisse se concentrer sur des missions à plus forte valeur ajoutée.
Les consultations juridiques contiennent souvent des informations sensibles sur les clients et leurs dossiers. Leur traitement par l’IA doit donc garantir un niveau élevé de sécurité. SpeechLive Legal s’appuie sur Microsoft Azure pour assurer la protection des données. Les mesures incluent le chiffrement des informations, des contrôles d’accès basés sur les rôles (pour limiter l’accès aux personnes autorisées) et le stockage des données dans une région géographique désignée. Ces dispositifs répondent aux exigences strictes des professionnels du droit en matière de confidentialité.
La reconnaissance vocale a déjà permis aux avocats de gagner du temps en transformant leurs dictées en texte. L’IA va plus loin en automatisant la transformation directe d’un échange client en un document structuré. Plutôt que de se demander comment transcrire plus rapidement une dictée, la question devient : « Dois-je encore redicter ce qui vient d’être dit pendant ma consultation ? ». Cette innovation réduit les étapes entre la conversation et la documentation du dossier, libérant du temps pour des activités à plus forte valeur ajoutée, comme le conseil juridique ou la relation client.

