Septième nuit de bombardements américains en Iran, Téhéran menace Washington de guerre “totale”
Les États-Unis ont lancé dans la nuit de vendredi à samedi une nouvelle vague de bombardements contre l’Iran, visant des infrastructures civiles et militaires. Téhéran a répliqué par des attaques contre des positions américaines dans la région, et menacé Washington de guerre “totale” en cas de poursuite des bombardements sur son sol..
Les États-Unis ont mené une septième nuit consécutive de bombardements en Iran dans la nuit du 16 au 17 juillet 2026, selon le Corps des Marines des États-Unis et le Commandement central américain (CENTCOM). Ces frappes, ordonnées par le président américain Donald Trump, visaient des cibles militaires en Iran, au Koweït et dans d'autres pays du Moyen-Orient. Le CENTCOM a précisé que les attaques touchaient des sites de surveillance côtière, des systèmes de défense aérienne, des infrastructures logistiques militaires et des capacités navales. Aucune mention n'a été faite d'infrastructures civiles dans les communiqués officiels américains. Ces bombardements s'inscrivent dans une escalade des tensions depuis la déclaration de l'accord de cessez-le-feu comme caduc par Trump, il y a plus d'une semaine. Les attaques américaines sont désormais quotidiennes et plus massives qu'au début du conflit, qui a débuté fin février 2026.
L'Iran accuse les États-Unis de cibler délibérément des infrastructures civiles, comme des ponts, des lignes ferroviaires et des installations énergétiques, ce que Washington dément. Les médias d'État iraniens ont diffusé des images montrant des dégâts importants sur ces infrastructures dans le sud du pays, notamment à Yazd et Sirik. Téhéran qualifie ces frappes de crimes de guerre et dénonce une violation du droit international. Les États-Unis, de leur côté, affirment que leurs frappes visent uniquement des objectifs militaires pour affaiblir les capacités iraniennes. La crise s'intensifie autour du détroit d'Ormuz, une voie maritime stratégique où transite une partie importante du pétrole mondial. Les tensions dans cette région sont devenues un enjeu majeur de la confrontation entre les deux pays.
L'Iran a riposté aux frappes américaines en lançant des attaques de drones et de missiles contre plusieurs pays de la région abritant des bases militaires américaines. Le Koweït a signalé des attaques hostiles en provenance d'Iran, tandis que Bahreïn a déclenché des sirènes d'alerte dans tout le pays après des explosions entendues à Doha. L'Iran a revendiqué des frappes contre des hélicoptères et un avion de reconnaissance américains sur la base aérienne de Sakhir, à Bahreïn. Mohsen Rezaei, conseiller du Guide suprême iranien Mojtaba Khamenei, a averti que Téhéran pourrait passer à une offensive totale si les frappes américaines se poursuivaient. Il a précisé que l'Iran adopterait une posture plus agressive, notamment en ciblant des infrastructures militaires américaines dans la région.
La crainte d'une extension du conflit grandit alors que les tensions entre les États-Unis et l'Iran s'aggravent. Selon le site Axios, l'administration Trump a informé Israël qu'elle allait envoyer des dizaines d'avions de ravitaillement supplémentaires en prévision d'une possible extension des opérations militaires contre l'Iran. Donald Trump envisagerait une offensive massive, bien plus importante que les frappes actuelles autour du détroit d'Ormuz. Parmi les options étudiées figurent le bombardement de centrales électriques, de sites nucléaires pour enfouir les stocks d'uranium enrichi, et du site souterrain de Pickaxe Mountain, suspecté d'abriter des activités militaires secrètes. Ces mesures pourraient radicalement intensifier le conflit.
Le conflit s'inscrit dans un contexte régional tendu, où plusieurs pays du Moyen-Orient sont directement ou indirectement impliqués. Le *détroit d'Ormuz*, situé entre l'Iran et Oman, est une zone stratégique pour le transport du pétrole, avec environ 20 % du pétrole mondial transitant par cette voie. Les États-Unis, qui soutiennent plusieurs pays de la région comme Bahreïn et le Koweït, y maintiennent une présence militaire importante. Israël, allié des États-Unis, est également concerné par l'escalade, avec des discussions en cours sur un renforcement de sa coopération militaire. La situation rappelle les tensions historiques entre Washington et Téhéran, notamment depuis la révolution iranienne de 1979 et la crise des otages qui a suivi.

