Après des décennies d’absence, la rougeole cause deux décès aux États-Unis alors que la vaccination recule
Deux personnes non vaccinées sont mortes de la rougeole en Pennsylvanie, premiers décès américains de l'année. L'épidémie s'accélère alors que la couverture vaccinale recule dans le pays..
Deux personnes sont décédées aux États-Unis des suites de la rougeole, une maladie virale très contagieuse. Ces décès surviennent après plusieurs décennies sans cas mortel dans le pays, où la maladie avait été officiellement éliminée en 2000 grâce à la vaccination. La rougeole est causée par le virus morbilleux, qui se transmet par voie aérienne, par exemple en toussant ou en éternuant. Les symptômes incluent fièvre élevée, toux, écoulement nasal, puis des éruptions cutanées caractéristiques. Dans les cas graves, elle peut entraîner des complications comme une pneumonie ou une encéphalite (inflammation du cerveau), mettant la vie en danger. Ces deux décès rappellent la dangerosité potentielle de cette maladie, même dans des pays où elle était considérée comme éradiquée.
Le recul de la vaccination contre la rougeole aux États-Unis est pointé du doigt comme facteur principal de cette résurgence. La couverture vaccinale, qui doit atteindre au moins 95 % pour protéger efficacement la population, est en baisse depuis plusieurs années. Aux États-Unis, le taux de vaccination contre la rougeole est passé sous ce seuil dans certains États, notamment en raison de mouvements anti-vaccins qui remettent en cause la sécurité des vaccins. Ces groupes s’appuient parfois sur des informations erronées, comme des études frauduleuses, pour justifier leurs craintes. Pourtant, les vaccins, comme celui contre la rougeole (souvent combiné avec ceux des oreillons et de la rubéole sous le nom de ROR), sont parmi les plus sûrs et efficaces au monde, avec une efficacité de plus de 97 % après deux doses.
La baisse de la vaccination expose non seulement les personnes non vaccinées, mais aussi celles qui ne peuvent pas l’être pour des raisons médicales (comme les nourrissons de moins d’un an ou les personnes immunodéprimées). Ces individus dépendent de l’immunité collective : si une majorité de la population est vaccinée, le virus a du mal à circuler. En dessous d’un certain seuil, comme les 95 % recommandés, le risque d’épidémie augmente. Aux États-Unis, des foyers de rougeole ont déjà été signalés dans plusieurs États en 2026, avec des centaines de cas confirmés. Les autorités sanitaires, comme les Centers for Disease Control and Prevention (CDC), alertent sur le danger et appellent à un retour à la vaccination systématique pour éviter une propagation incontrôlable.
Ce phénomène n’est pas isolé aux États-Unis. D’autres pays, comme l’Italie ou la France, connaissent aussi des reculs de la vaccination, parfois liés à des mouvements similaires. Pourtant, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) considère la rougeole comme une maladie évitable grâce à la vaccination. Les solutions passent par des campagnes d’information pour rétablir la confiance dans les vaccins, ainsi que par des obligations vaccinales renforcées dans certains pays. Aux États-Unis, certains États ont déjà légiféré pour limiter les exemptions vaccinales, mais ces mesures restent controversées. La situation rappelle l’importance de la vaccination comme outil de santé publique, capable de sauver des millions de vies chaque année.

