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Géopolitique

Deux lutteurs égyptiens se font la malle, l’un après l’autre

Courrier International · mis à jour il y a 2 j

Deux sportifs de haut niveau qui “disparaissent” lors de compétitions en Europe, et cela en moins d’une semaine, cela fait beaucoup. D’autant que la lutte, dans laquelle l’Égypte excelle, est coutumière du phénomène, avec une flopée de jeunes talents qui se sont éclipsés ces dernières années lors d’un séjour à l’étranger..

Deux fuites en une semaine

Deux jeunes lutteurs égyptiens, Ziad Haggag et Mustafa Al-Shami, ont quitté leur équipe respective lors de compétitions en Europe à une semaine d’intervalle. Ziad Haggag, âgé de 19 ans, a disparu après les championnats du monde de lutte en Slovaquie le 24 août 2026, alors qu’il devait participer à un entraînement avec ses coéquipiers. Il a quitté l’hôtel où logeait l’équipe et coupé son téléphone portable. Trois jours plus tard, Mustafa Al-Shami a fait de même à Rome, en Italie, après les Jeux méditerranéens de Tarente. Il a obtenu son passeport à l’aéroport avant de disparaître pendant le transit vers Le Caire. Ces deux cas illustrent un phénomène récurrent dans le sport égyptien, notamment chez les lutteurs.

Un phénomène répété

La fuite de jeunes athlètes égyptiens, en particulier des lutteurs, n’est pas un cas isolé. Selon la chaîne saoudienne Al-Arabiya, neuf lutteurs égyptiens ont disparu en neuf ans, soit environ un par an. Parmi les cas les plus médiatisés figure celui d’Ahmed Baghdouda, qui s’est enfui en France en 2023. La lutte est un sport où l’Égypte excelle, mais ces départs répétés soulèvent des questions sur les conditions de vie et de travail des sportifs dans le pays. Les autorités égyptiennes tentent de limiter ces fuites en imposant des mesures strictes, comme la signature d’un document par les parents des athlètes pour garantir leur retour.

Des talents en danger

Ziad Haggag était considéré comme l’un des plus grands talents égyptiens en lutte. En avril 2026, il avait remporté une médaille d’or aux championnats d’Afrique dans sa catégorie d’âge. Son départ prive l’Égypte d’un espoir sportif majeur. Les autorités locales ont réagi en arrêtant le père de Ziad Haggag, qui a dû signer un document engageant sa responsabilité pour assurer le retour de son fils. Le président de la délégation égyptienne à Rome, où Mustafa Al-Shami a disparu, est également soupçonné de négligences administratives dans le suivi des athlètes.

Pourquoi ces départs ?

Les jeunes lutteurs égyptiens cherchent à quitter leur pays pour des raisons économiques et sportives. Les conditions de vie et les salaires offerts à l’étranger sont souvent bien plus attractifs qu’en Égypte. Plusieurs athlètes ayant fui ont poursuivi leur carrière en France, en Bulgarie ou aux États-Unis, où ils bénéficient de meilleures infrastructures et de rémunérations plus élevées. Ce phénomène s’inscrit dans un contexte plus large de fuite des talents égyptiens, motivée par la recherche de meilleures opportunités professionnelles et personnelles.

Ce que ça pourrait changer

Les autorités égyptiennes tentent de contrer ces départs en renforçant les contrôles. Depuis 2025, une obligation légale impose aux parents des athlètes de signer un document engageant leur responsabilité pour garantir le retour de leur enfant en Égypte. Malgré ces mesures, les fuites se poursuivent. Le président de la délégation égyptienne à Rome a été pointé du doigt pour des manquements administratifs lors du voyage retour des lutteurs. Ces réactions montrent l’inquiétude des responsables face à l’exode des talents sportifs, qui prive le pays de ses meilleurs éléments.

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